2009

Nouveautés en langues anciennes au collège

Voici les premières réactions des collègues concernant les nouveaux programmes de langues anciennes en collège, intitulés "Langues et cultures de l’Antiquité". Nous vous les soumettons ci-dessous à titre indicatif. Toutefois, nous sommes impatients de recueillir vos avis sur la question. Nous ne manquerons pas d’en faire une synthèse régulière sur notre site. N’hésitez pas à nous écrire par mail à l’adresse suivante : groupe-lettres@snes.edu ou bien par courrier postal : SNES, groupe lettres, 46 avenue d’Ivry 75647 Paris Cedex 13

Nous sommes également en contact avec la CNARELA que nous allons rencontrer prochainement.

Les langues anciennes sont étrangement absente du socle commun, ce qui a, à juste titre, inquiété de nombreux enseignants, de lettres classiques notamment. Cependant de nouveaux programmes ont été rédigés, prouvant que les langues anciennes et les cultures de l’Antiquité n’ont pas été totalement oubliées.
Pourtant la parution de nouveaux programmes ne saurait occulter l’aggravation très alarmante de la situation concernant l’enseignement des langues anciennes :

• Dans de nombreux collèges, au nom de la dotation horaire, on ne prévoit qu’une division par niveau, même si les demandes d’inscription dans l’option dépassent la cinquantaine.

• Des postes de lettres classiques sont supprimés en nombre pour être remplacés par des postes de lettres modernes, ce qui ne se justifie en aucun cas. Les collègues de lettres classiques tiennent à rappeler au passage qu’ils sont professeurs de français/latin/grec.

• Dans certains lycées, on ne prend en compte que les élèves inscrits en option de détermination pour l’ouverture d’une section ou l’attribution d’un volume horaire.

• Très souvent, les remplacements ne sont pas assurés en lettres classiques, faute de TZR. On imagine sans mal la démobilisation des élèves.

• Certaines académies n’ont pas d’IPR de Lettres classiques. Comment alors assurer conseil et inspection en grec ?

• Il y a une tendance à attribuer aux classiques des services sur deux établissements en langues anciennes uniquement. Les collègues perdent ainsi leur statut de professeurs de français, n’appartiennent plus à un établissement etc. avec les conséquences qu’on imagine sur le recrutement d’élèves, l’organisation de sorties etc.

• Dans certaines académies, les stages proposés par les ARELA voient leur durée diminuer ou disparaissent complètement.

• Dans de nombreux établissements, tout est fait pour décourager les élèves de s’inscrire en latin ou en grec : emplois du temps dissuasifs, mise en concurrence avec d’autres options, refus de créer des groupes supplémentaires, même lorsqu’il y a de nombreux volontaires, langues anciennes « déconseillées » à certains élèves sous prétexte qu’ils seraient un peu « faibles » dans les autres matières, comme si cet enseignement devait être réservé à une élite.

• De façon générale, tendance à décourager l’enseignement des options à petits effectifs (langues anciennes mais aussi allemand, italien ou langues plus rares), sous prétexte de « rentabilité moindre » au regard de la LOLF. L’enseignement de ces langues sera-t-il bientôt réservé à quelques établissements ce centre ville ou encore aux familles qui pourront se payer des cours privés ? Quid de l’égalité du service public sur l’ensemble du territoire ?

• Concernant la réforme des lycées, les récents propos de Richard Descoings concernant les langues anciennes ne sont pas de nature à nous rassurer.
Tout cela s’inscrit totalement à l’encontre de l’objectif de démocratisation défendu à la fois par la CNARELA (www.cnarela.fr) et par le SNES. Nous entendons bien poursuivre la mobilisation à tous les niveaux (établissements, IA, rectorat, ministère) et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour inverser cette tendance. Cela dit, cela passe aussi par une participation active des collègues. N’hésitez pas à nous tenir informés régulièrement de la situation dans votre établissement afin que nous puissions intervenir.

Vous trouverez ci-dessous, en téléchargement, l’analyse détaillée du programme de collège de langues et culture de l’Antiquité.

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