Archives 2002-2005

17 mars 2004

OU VA L’ONISEP ?

- En dépit de l’échec de la décentralisation, arraché de haute lutte en juin 2003, l’ONISEP souffre aujourd’hui de la politique de son Directeur qui dénature la vocation de service public de l’Office et fait peser des menaces sur son avenir.

La politique de l’office :

- Au sein des services centraux des logiques se mettent en place, dénoncées depuis longtemps par le Snes mais qui s’accentuent ces derniers mois.
Il faut rappeler qu’après le refus du Conseil d’administration de voter la décentralisation, le Directeur a été désavoué par un vote organisé en juillet 2003 par l’intersyndicale par 72% des votants (326 sur 451 votants, 31 personnes ayant voté contre).

- C’est dans ce contexte que l’élaboration d’un projet d’établissement a été lancé à grands frais (près de 100.000 euros). Ce projet, dont la finalisation est proche, inquiète tant les personnels qu’ils ont adressé une lettre au ministre. Ils y dénoncent l’absence d’objectifs pour l’Office- absence qui menace son avenir- et le peu de cas que la Direction fait des délégations régionales, qui ne figurent même plus dans l’organigramme ! Une façon de rayer d’un trait des délégations qui ne sont pas passées aux régions ou volonté de centraliser à l’extrême ? Devant le refus réitéré du Directeur d’engager le dialogue sur ce projet, les personnels s’interrogent et le malaise s’installe. (lettre en pièce jointe).

- S’ajoutent une menace sur les effectifs et des incohérences de gestion qui pourraient faire sourire si elles ne menaçaient pas le devenir de l’Office, comme le recrutement d’un général en retraite pour diriger le service prospective et études de marché, en fait l’évaluation des produits. La rigueur militaire pour la pédagogie, voilà qui peut rassurer les membres du gouvernement sur la qualité des produits de l’Onisep !

- Quant aux productions et la ligne éditoriale, elles ont subi des évolutions telles qu’une partie de la population scolaire n’est plus couverte par les brochures Onisep, comme les collégiens pour lesquels la brochure "Parcours" n’est pas destinée et qui se voient essentiellement offrir des informations sur la voie professionnelle, ce qui ne correspond qu’à une partie de leurs besoins.

Que dire aussi du retard de livraison de certaines brochures comme "Après Bac", arrivant dans les CIO plus d’un mois après sa mise en vente en kiosque ! Ce qui n’est peut-être pas tout à fait fortuit ni l’effet d’une malheureuse erreur comme cela a été indiqué devant les protestations des collègues des CIO.

- Les fiches diplômes, qui étaient le point fort de l’Onisep il y a quelques années, se renouvellent beaucoup trop lentement.
De même, on peut s’interroger sur les contrats liant l’Onisep à des fédérations professionnelles qui, risquent de faire perdre son indépendance à l’office.
Le Snes dénonce certaines dérives au nom des missions de service public que l’Onisep doit garder envers et contre tout, mais pas la qualité du travail des personnels qui subissent des pressions et tentent, dans la mesure du possible, de conserver le cap.

La politique des Dronisep :

- Les Dronisep ont lié des relations avec les régions depuis longtemps, mais dans le contexte actuel, avec les lois de décentralisation qui viennent d’être votées, la région a une compétence en matière d’information sur les professions et compte bien s’en servir. Même si l’exécutif régional a une légitimité démocratique qui devrait l’éloigner de toute connivence avec des groupes de pression locaux, ses préoccupations vont essentiellement se trouver dans le cadre local, contrairement à une mission de service public nationale telle que celle de l’ONISEP.

- Ainsi, en région Ile de France, un site web d’information sur les métiers, a été réalisé à grand frais avec l’apport de l’Onisep et du SAIO et l’on découvre, sans consultation aucune des CIO qu’une réponse en ligne régionale est mise en place, avec des moyens CIO, en remplacement de celle qui existait au SAIO. Un 4 pages commun Région-Dronisep est distribué directement dans les établissements qui vante les mérites du site régional. On y trouve un panagérique de l’éducation à l’orientation dans sa version la plus rigide : en premier l’élève est sommé de découvrir l’environnement économique, en deux, de connaître les filières et en trois de se connaître. Une telle présentation à sens unique ne risque pas d’aider les enseignants à la compréhension du parcours d’orientation de leurs élèves !

- On sait bien que l’adolescent n’est pas un acteur rationnel qui construit son projet d’orientation comme un plan de carrière et on risque ainsi d’aboutir à plus de crispation que d’écoute attentive indispensable à la réussite des cheminements d’orientation.

- Pourtant, les échecs de genre d’initiatives où la promotion de l’activité régionale passe avant l’intérêt des élèves a déjà existé. Le devenir des bornes interactives de l’académie de Poitiers devrait faire réfléchir les décideurs régionaux.

Dans l’académie d’Amiens, les brochures d’information après la troisième sont adressées directement aux familles en fonction des vœux provisoires émis, ce qui n’est certainement pas le plus sûr moyen de diversifier les vœux d’orientation !

On voit donc qu’en l’absence de lignes directrices nationales fortes et discutées avec l’ensemble des personnels des CIO, les initiatives conjointes régions-Dronisep risquent d’aboutir à des actions fort discutables.

On peut donc s’interroger sans remettre en cause la compétence et le dévouement des personnels de l’office sur la politique menée et se demander si le risque de dénaturation des missions de service public n’existe pas.

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Lettre au Ministre

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