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Un film de Tanya Wexler (Royaume-Uni)

 "Oh, my God !" Sortie en salles le 14 décembre 2011

Le Docteur Dalrymple est spécialiste de l’hystérie féminine. Son traitement consiste à soulager les troubles de ses patientes par des caresses intimes aussi thérapeutiques que suggestives. L’affluence vers son cabinet est telle que le praticien se voit obligé d’engager un assistant mais celui-ci, qui souffre de crampes dans la main, voit sa pratique devenir inefficace.

Le jeune docteur Mortimer Granville est contraint de quitter le Docteur Dalrymple et va se réfugier chez son ami Edmond St John, passionné de nouvelles technologies, pour le moment occupé à inventer un plumeau rotatif électrique.

C’est en observant la configuration de l’objet que Mortimer voit dans la façon de bouger de l’engin les vibrations dont sa main, prise de crampes, est dorénavant incapable de produire.

Le plumeau électrique débarrassé de ses plumes est expérimenté sur une première patiente très satisfaite. Le premier godemiché vient d’être inventé.

Le Docteur Dalrymple, flairant la bonne affaire, reprend Mortimer à son service et, de nouveau, le promet à la cadette de ses filles. Les fiançailles sont sur le point d’avoir lieu quand apparaît Charlotte, la fille aînée du Professeur, féministe avant l’heure, et dont l’objectif est d’ouvrir un dispensaire où pourraient être accueillis les gens du peuple malades que l’Angleterre Victorienne ignore et tient à distance.

Lorsque le Docteur Mortimer aura fait fortune avec les ventes massives de godemichés, il pourra offrir à Charlotte, en plus des locaux dont elle a besoin pour ouvrir son centre d’accueil, ses propres services de médecin et…son cœur.

Le récit que nous propose Tanya Wexler tourne autour des deux personnages de l’Angleterre victorienne que tout oppose : un jeune médecin bien installé dans les conventions rigides de l’époque et son opposé Charlotte, femme émancipée, qui rêve de changer la société en se mettant au service des démunis.

Tiré d’événements réels, "Oh, my God !" est à la fois la peinture d’un époque en pleine mutation, vouée au progrès technique, à l’apparition des premiers signes du féminisme, à la naissance de la médecine moderne, et une comédie romantique charmante fonctionnant sur les supports habituels.

Le récit ne cache pas son jeu. Dès les premières images, le ton est donné et tous les éléments nous sont livrés. On sait d’entrée que la médecine à l’ancienne aura du plomb dans l’aile et que la jeune fille promise à Mortimer n’est pas la femme qui lui convient, que la rude Charlotte saura faire tomber au moment opportun sa carapace de féministe hostile au mariage, que la découverte du godemiché fera la fortune du jeune médecin.

Mais on entre par toutes ces portes ouvertes avec beaucoup de plaisir et on se réjouit de voir se produire sous nos yeux tout ce qui était prévisible.

"Oh, my god !" a le charme et l’efficacité des comédies à l’ancienne. On y rit souvent. On se réjouit toujours et on tremble même un peu parfois à l’idée que le scénario pourrait nous jouer des tours. Mais qu’on se rassure tout de suite. Tout, d’un bout à l’autre, ira comme sur des roulettes…

Francis Dubois

 

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