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Un film de Mourad Ben Cheikh (Tunisie)

"Plus jamais peur" Sortie en salles le 5 octobre 2011

Le 17 décembre 2010, un jeune vendeur de fruits et légumes ambulant, se voit confisquer sa marchandise. Désespéré par un acte qui le dépouille de son maigre gagne-pain, il s’immole à Sidi-Bouzid, en Tunisie.
Cet acte qui symbolise à la fois l’aveugle cruauté du pouvoir et l’extrême misère du petit peuple, déclenche un mouvement de contestation contre le régime du Président Ben Ali.
La révolution tunisienne est enclenchée.
"Plus jamais peur" tourné "à chaud" par le réalisateur Mourad Ben Cheikh esquisse à travers les témoignages d’une avocate engagée, d’un journaliste, d’une étudiante qui a suivi de très près les événements depuis leur tout début, d’acteurs directs du soulèvement, une page capitale dans l’histoire des pays arabes.

On découvre à travers les révélations de chacun, la vraie face du règne de Ben Ali qui, depuis le 7 novembre 1987, après la destitution de Habib Bourguiba, déclaré médicalement incapable de gouverner, avait la mainmise sur le pays.
Le général Ben Ali s’octroie le pouvoir et devient président des armées. Son discours d’alors qui le dit favorable à une vie politique évoluée et institutionnalisée fondée sur le multipartisme et la pluralité des organisations de masse, n’est qu’effet d’annonce.
On découvrira que la réalité est toute autre lorsque l’opposition, la ligue tunisienne des droits de l’homme, les intellectuels et la presse sont muselés.
En réalité, la Tunisie vivait depuis longtemps sous le joug d’un régime autoritaire, avec un pluralisme de façade.
Réélu à cinq reprises, avec autour de 90 % de suffrages, Ben Ali sentait depuis 2009 son pouvoir s’effriter. La situation politique et sociale du pays croulant sous la corruption généralisée et le népotisme, annonçait à plus ou moins brève échéance, la fin de son règne.
"Plus jamais peur" fait état d’un peuple qui, s’il n’est pas au bout de ses peines, se trouve libéré du poids de la peur.
Les témoignages entendus tout au long du film l’expriment. Les différents protagonistes racontent les difficultés qui ont été les leurs, les brimades, les emprisonnements… mais se sentant à l’abri des menaces qu’ils ont connues, vécues, relatent les faits avec humour et c’est le ton léger qu’ils mettent dans des récits douloureux qui est la meilleure preuve d’une délivrance.
La construction du film, sa concision, en font une œuvre utile et efficace d’information. La mise au point apportée par les témoignages remet totalement en question les atouts du régime Ben Ali : tenir à distance les islamistes et protéger le régime des femmes tunisiennes.
Francis Dubois

Quelques projections suivies de débats (nous complèterons cette liste au fur et à mesure de nos informations. PL) :
- 8/10 cinéma Les Rosières dans le cadre du festival du livre de Mouans Sartoux – 06- (en présence du réalisateur)
- 10/10 cinéma Mazarin Aix en Provence (en présence du réalisateur)
- 10/10 cinéma CGR Olympia, La Rochelle, avec des représentants du CNID, de la LDH et d’Amnesty International
- 12/10 Cinéma Théâtre à Fontenay le Fleury - 78 (en présence du réalisateur)
- 16/10 cinéma Le Royal à Toulon (en présence du réalisateur)
- 17/10 café des images Hérouville-Saint-Clair (en présence du réalisateur)
- 2/11 L’Omnia République à Rouen
- 28/11 Le Lux à Caen
- semaine du 23/11 cinéma l’Entracte à Falaise (Calvados)
- samedi 17/12, au CinéVille à Conflans (78), 39e Ciné-débat de la Section locale de la Ligue des Droits de l’Homme, avec notamment Catherine CHOQUET qui fut Secrétaire générale de la FIDH (Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme) ; voir www.ldh-france.org/section/conflans/

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