Communiqués

Point d’étape de X. Darcos : derrière le discours d’affichage, une politique dangereuse pour l’école.

Xavier Darcos a présenté aujourd’hui devant la presse un point d’étape de son action au ministère de l’éducation nationale.
Son discours, aux accents testamentaires, est vibrant d’autosatisfaction et vide d’ambition pour l’école.

Le ministre feint d’oublier les mobilisations et le mécontentement qu’il a suscités. Il se satisfait d’une politique qui, d’un côté, affaiblit le système éducatif et qui, de l’autre, prétend résoudre les problèmes qu’elle engendre en imaginant des dispositifs d’affichage, éphémères, sans ambition ni vision générale. Le tout en ayant recours systématiquement à l’emploi précaire de personnels sans formation ni qualification, dans un contexte de suppression massive d’emplois qualifiés dans l’éducation.
Encore une fois, le ministre a montré qu’il ne prend pas la mesure des besoins des élèves et des aspirations des personnels. Il balaye rapidement de nombreux sujets en omettant de mentionner les difficultés rencontrées.

Concernant l’aide aux élèves en difficultés, le ministre ne pense pas les conditions de travail et d’apprentissage dans la classe. Il poursuit l’externalisation du traitement des difficultés et continue d’occulter et de nier les mécanismes sociaux à l’œuvre dans la difficulté scolaire et le décrochage. Si les questions de violence et d’absentéisme sont de véritables problèmes, elles ne peuvent pas être réglées sans penser d’abord le rapport des élèves au savoir. Un « code de la paix scolaire » et des « médiateurs de réussite scolaire » non formés et précaires ne sont pas des réponses adaptées.

Le ministre entend poursuivre la politique de démantèlement de l’éducation prioritaire, en abandonnant la logique d’aide aux territoires défavorisés au profit d’une aide ciblée en direction d’une minorité d’élèves jugés dignes de « s’épanouir dans la société ». Les moins "méritants", privés d’une formation initiale ambitieuse, devront se tourner vers les écoles de la deuxième chance et des dispositifs de la MGI.
L’autosatisfaction qu’il affiche autour des réalisations du Plan Espoir Banlieues relève de la méthode Coué quand on sait à quel point les conditions de travail et de vie se dégradent dans les établissements qui relèvent encore de l’éducation prioritaire

Sur la question importante de l’orientation des jeunes, le ministre annonce la création d’une plate-forme téléphonique qui, d’une part réduit l’orientation à une question d’accès à l’information, d’autre part désincarne le rapport de l’élève à la création de son projet et enfin marginalise les Conseillers d’orientation- Psychologues qui pourtant sont les personnels formés et qualifiés sur cette question.

Evoquant la formation des maîtres et l’exercice du métier, le ministre poursuit à marche forcée une mastérisation en gommant les difficultés de mise en œuvre. Difficultés qui justifiaient la demande d’une SNES d’un report du calendrier, seul moyen de réussir vraiment la nécessaire élévation du niveau de recrutement.
Il ne laisse aucune place à la formation professionnelle qui pourrait se développer à partir des ressources et des potentiels existants aujourd’hui dans les IUFM. Procédant ainsi, il ne se donne pas les moyens de créer pour les jeunes enseignants les conditions d’une entrée dans le métier sereine et efficace.

Enfin, alors que le SNES réclame, avec d’autres, une revalorisation générale, le ministre, à la suite du Président de la République, cherche à nouveau à enfermer les personnels dans un chantage inadmissible en subordonnant une revalorisation hypothétique à l’acceptation des réformes. Entonnant le refrain, d’autant plus décalé en temps de crise, du travailler plus pour gagner plus, il annonce « poursuivre le processus de revalorisation » alors même qu’aucune négociation n’est entamée.

Le SNES condamne cette politique d’affichage, aveugle sur les difficultés qu’elle engendre et inefficace sur les solutions qu’elle prétend apporter.

Il rappelle qu’il est porteur de propositions concrètes et ambitieuse pour améliorer le système éducation. Ces propositions s’appuient sur les besoins des élèves et les aspirations des personnels et sont portées – comme l’ont montré les élections professionnelles - par la majorité des personnels d’éducation.

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