MLDS (Mission de lutte contre le décrochage scolaire) et dispositifs relais

Pour rescolariser les élèves décrocheurs : les dispositifs relais

Pour rescolariser les élèves décrocheurs : les dispositifs relais

Textes de référence : circulaire n° 2006-129 du 21.8.2006

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Circ. du 21 août 2006 - Dispositifs Relais

et
circulaire n° 2014-037 du 28.03.2014
- Les classes et ateliers relais de collège accueillent des élèves (provenant de plusieurs collèges du même district ou bassin) qui sont entrés dans un processus évident de rejet de l’institution scolaire et font parfois l’objet d’une mesure judiciaire d’assistance éducative.

-A la différence des classes relais, les ateliers sont systématiquement implantés "hors les murs" d’un collège dans des locaux apportés par les associations signataires de la convention. Celles-ci doivent également mettre à disposition des moyens humains (en plus des personnels de l’Éducation Nationale). Depuis la rentrée 2013, des internats ont été mis en place, pour adapter la réponse éducative à la diversité des profils des jeunes en voie de déscolarisation.

- Les classes accueillent en moyenne de 8 à 12 élèves dont la durée de fréquentation peut varier de quelques semaines à plusieurs mois, sans toutefois excéder une année scolaire. Dans les ateliers, les élèves ne sont accueillis que pour une période de quatre semaines, renouvelable trois fois dans l’année.

- C’est le DASEN qui les implante et qui définit leur encadrement. Le repérage est effectué notamment dans le cadre de la Mission de Lutte contre le Décrochage Scolaire (MLDS) (circulaire n°2013-035 du 29/03/2013). L’admission d’un élève est décidée par le DASEN, sur avis du groupe départemental de pilotage et sous réserve de l’accord de sa famille et de l’engagement du jeune dans la démarche.

- Les enseignants qui interviennent en dispositifs relais (DR) sont recrutés sur la base du volontariat. Les équipes sont en principe mixtes, elles combinent enseignants, éducateurs, personnels sociaux et de santé, COPsy…. Les DR reposent sur un partenariat actif avec la PJJ, les collectivités locales ou les associations.

Commentaire du SNES

De telles structures doivent permettre d’éviter que des jeunes fortement marginalisés, entrés dans un processus manifeste d’exclusion scolaire ne s’y installent définitivement.

Néanmoins, elles doivent s’inscrire dans une logique transitoire, et non permanente, de réparation. Des moyens supplémentaires permettant une concertation entre collège d’origine et structure relais faciliteraient le retour de l’élève dans sa classe.

L’Education nationale ne peut se contenter de « réparer », elle doit tout mettre en œuvre pour favoriser la prévention et lutter contre l’échec scolaire.

Il ne faudrait pas que l’existence en parallèle de deux dispositifs répondant aux mêmes objectifs aboutisse à leur mise en concurrence et à un désengagement total de l’État pour les ateliers relais.

Depuis le début, le SNES-FSU a toujours mis en garde sur les risques de transformations de ces structures en filière de relégation et de tri social.

En 2010-2011, le ministère a recensé 454 dispositifs pour 8880 élèves accueillis (311 classes relais et 143 ateliers). Il est indispensable de conserver pour ces élèves un triple objectif ambitieux (resocialisation, rescolarisation et consolidation des apprentissages). Sans ce triptyque, le retour dans une classe ordinaire ne pourrait s’avérer positif et les missions des dispositifs relais seraient alors dénaturées.

Si la circulaire laisse entendre qu’une démarche de réinvestissement dans les apprentissages constitue l’objectif essentiel, elle précise que cette démarche se limiterait à l’acquisition du seul socle commun de connaissances et de compétences.

Les personnels qui interviennent dans ces structures doivent pouvoir bénéficier d’une formation spécifique de haut niveau en matière de connaissance des adolescents, de gestion des conflits et de techniques de transmission des connaissances et de retour aux apprentissages pour un public en difficulté.

L’existence des classes et ateliers ne doit pas empêcher la mise en place, avec les moyens nécessaires, de dispositifs alternatifs sur demande des équipes.

Notre proposition d’équipe de suivi

Pour éviter que l’échec scolaire ne devienne trop lourd et pour privilégier une véritable prévention, nous demandons que se mettent en place des équipes pluriprofessionnelles de suivi de la grande difficulté. L’équipe, qui devrait comprendre un ou deux enseignants, un CPE, le COPsy, l’assistante sociale et l’infirmière, suivraient des élèves connaissant des difficultés au niveau des apprentissages, mais aussi d’ordre psychologique ou social.

Il s’agit pour nous d’échafauder un véritable tutorat d’équipe remplissant des missions d’évaluation et de proposition :

• en repérant les élèves vulnérables
• en amorçant le dialogue avec eux, leurs familles et l’ensemble des partenaires extérieurs
• en mobilisant des personnes ressources (orthophoniste, psychologue…) pour traiter les problèmes qui ne peuvent l’être au sein de l’institution
• en assurant un suivi pédagogique et d’orientation

En tirant profit de tout le potentiel d’enseignement (LP, SEGPA/EREA, classes du collège, dispositifs relais…) l’équipe jouerait tout son rôle en formulant des besoins éducatifs spécifiques à chaque élève concerné.

Nous demandons qu’une décharge forfaitaire de service soit accordée à chaque enseignant engagé volontairement dans le dispositif et que les autres personnels soient présents en nombre suffisant dans l’établissement afin de participer régulièrement à la concertation.

Nous invitons les équipes intéressées par l’expérimentation d’un tel dispositif à présenter leur projet au C.A afin que ce dernier demande officiellement à l’I.A les moyens nécessaires pour le réaliser.

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