US Magazine 735 du 19 octobre 2013

Calendrier scolaire

Prérentrée en août : c’est non !

Le ministère a présenté son projet de calendrier scolaire pour les trois années à venir. Le choix a été de faire payer aux personnels la difficulté de concilier des contraintes contradictoires, dont certaines mériteraient d’être interrogées.

Interprétant l’article de loi qui précise « L’année scolaire comporte trente-six semaines au moins réparties en cinq périodes de travail, de durée comparable, séparées par quatre périodes de vacance des classes » comme imposant 36 semaines pleines de cours, le projet prévoit des prérentrées pour les enseignants en août : 29 août 2014, 28 août 2015 et 31 août 2016. Les fins d’années scolaires varieraient entre le 2 et le 5 juillet suivant les années. Doit-on en conclure que le travail de la prérentrée n’est pas au service de la réussite des élèves et n’est donc pas inclus dans « l’année scolaire » dont parle la loi ?

Pour le SNES-FSU, la première semaine de l’année scolaire comporte la rentrée des
personnels d’enseignement et de vie scolaire, et l’accueil des élèves qui est souvent
étalé. On peut s’interroger sur les conséquences de l’argumentation ministérielle à partir d’un « nombre de jours de cours dus aux élèves » sur cet étalement de la rentrée des élèves. Mais aussi sur l’organisation des sorties et voyages scolaires.

D’autres pistes de réflexion

Il serait plus urgent de réfléchir sur le zonage qui conduit à une fin d’année interminable en collège, loin de l’alternance 7/2 recherchée, pour les académies qui partent les premières en vacances de printemps. Et que dire des jours isolés dans la semaine, comme le jeudi de l’Ascension, qui provoquent un absentéisme important dans nombre d’établissements.

Enfin, une prérentrée en août pose des problèmes sur la date de titularisation des
néorecrutés et de nomination des personnels dans les établissements.

Le SNES-FSU a proposé d’inclure la prérentrée dans les « 36 semaines au moins » fixées par la loi, en laissant aux établissements l’organisation en septembre de la rentrée des enseignants (ramenée à une seule journée de prérentrée, en abandonnant le principe du rattrapage d’une deuxième journée imposée par Claude Allègre) et des élèves.

Au CSE du 14 novembre, le ministère a présenté le projet sans modification et en répétant la même argumentation sur le nombre de jours de cours qui seraient dus aux élèves. Il n’a pas répondu à la demande de suppression de la deuxième journée de prérentrée. Au final le projet a été largement rejeté par le CSE, ne recueillant qu’un seul vote favorable.

Le ministre devait rendre son arbitrage rapidement.

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