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Programme de Physique-chimie en STL-STI2D, sous l’angle des STL

Dans le fond le programme apparaît comme trop ambitieux, lourd, trop conceptuel et aussi trop déstructuré. Confronté aux possibilités des élèves cela risque de se traduire par un « saupoudrage ».

Dans la forme, la transversalité délibérément voulue, n’est pas adaptée au profil des élèves de l’enseignement technologique.

  • Exemple 1 : la physique et la chimie se retrouvent dans trois ou quatre enseignements différents ; ce sont les élèves qui risquent de ne pas s’y retrouver !
  • Exemple 2 : Des notions de base de calorimétrie (capacité thermique massique et chaleur latente de changement d’état) qui ont toujours été enseignées au cours d’une même progression et dans un même niveau (1° ou terminale), seront dispersées entre la 1° et la Terminale.
  • Exemple 3 : Des notions de chimie organique, particulièrement difficiles à mémoriser pour bon nombre d’élèves, seront réparties de façon tout à fait déstructurée entre la 1° et la Terminale.
  • etc… : tout est à l’avenant...

Les élèves rencontrés dans l’enseignement technologique ont souvent du mal à se structurer — rappelons que la connaissance scientifique, par elle-même, ne structure pas —. Le succès indéniable de ces sections technologiques était le fait d’un enseignement structuré et structurant, bien cadré voir « carré » et reposant sur la répétition des connaissances à acquérir.

De plus l’absence de précision sur le nombre d’heures de travaux pratiques, essentiels pour ce type d’élèves, nous paraît très inquiétante. En outre cette quantité horaire attribuée aux travaux pratiques risque de dépendre, chaque année, des moyens donnés à l’établissement.

Nous ignorons aussi les modalités du futur bac technologique, ainsi que les coefficients attribués au différentes matières.

Enfin, la filière technologique, dont l’efficacité n’a jamais été mise en question et qui donnait satisfaction aux gens de la profession ainsi qu’aux établissements d’enseignement post-bac ( B.T.S , classes préparatoires spécifiques aux écoles d’ingénieurs…), reposait sur une spécialisation des élèves qui ne se retrouvaient pas dans l’enseignement généraliste.
Avec la multiplication des matières, le nouveau bac STL nous paraît redevenir généraliste et ressemble à un « sous-bac S ».

Aucune précision n’est apportée sur les effectifs des futures classes de l’enseignement technologique. Nous rappelons qu’une des clefs de la réussite dans ces filières résidait dans la relation élèves-professeurs, relation bien plus développée que dans l’enseignement général.
Toute augmentation dans les effectifs altèrerait cette relation et nuirait à la réussite des élèves.

En ce qui concerne le tronc commun, en essayant de satisfaire tous, ne satisfait personne (par exemple, de l’inutilité des nombres complexes en maths pour de futurs biologistes et la quasi disparition de l’électronique sur laquelle repose toute la technologie moderne...).

Pour toutes ces raisons 

Nous pouvons dire que les projets de réforme et les nouveaux programmes proposés pour l’enseignement technologique, ne correspondent pas au profil des élèves actuellement dans cette filière.
De telles dispositions, si elles étaient adoptées, mèneraient à l’échec de cette branche de l’enseignement, qui se déliterait inévitablement.

Cet échec se traduirait par la destruction d’un ascenseur social !


Projets de programmes de la réforme STL-STI2D, pour en savoir plus :

  • Physique-chimie, texte du projet de programme :
PDF - 120.1 ko
Physique-chimie : Cycle terminal STI2D-STL

L’actualité de la réforme Chatel :

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