7 juin 2010
Publié le 27 mai pour une consultation qui devrait se terminer le 16 juin 2010, le projet de programme de sciences économiques et sociales de première ES est soumis, comme c’est le cas dans bien d’autres disciplines, à des conditions d’élaboration qui interdisent toute possibilité d’un véritable débat : précipitation imposée pour l’écriture du programme par le groupe d’experts, manque de temps pour le recueil et l’exploitation des avis des enseignants, absence de visibilité sur le programme de terminale et la nature de l’épreuve au baccalauréat.
Cette méthode est d’autant plus inacceptable que le projet en consultation conduit à un bouleversement complet de l’identité des SES : au lieu de maintenir une entrée dans le programme par des questions « vives » comme le chômage, l’inflation, la dette publique, les déficits, l’impôt, le financement des retraites, les crises, les conflits sociaux, les inégalités, la croissance, la culture… qui donnent du sens aux apprentissages et mobilisent l’intérêt des élèves, le groupe d’experts a préféré aborder le programme à partir de l’étude d’une liste interminable de notions plus ou moins abstraites qui conduit à confondre le jeune de 17 ans, élève au lycée qui découvre cette discipline et l’étudiant à l’université qui a choisi d’en faire un élément central de sa formation universitaire. Cette approche fortement disciplinaire (économie-sociologie-science politique ; à dominante économique ; essentiellement inspirée par l’analyse néoclassique) cloisonne les enseignements et conduit à un encyclopédisme sans précédent.
Le SNES a pris connaissance de la proposition de programme de première présentée par l’APSES. Il renouvelle l’appréciation qu’il avait porté en février dernier sur une démarche comparable de cette association sur le programme de seconde : confectionnée par des enseignant-e-s de sciences économiques et sociales, qui connaissent leur discipline, leur métier et leurs élèves, cette proposition a la légitimité d’être issue de professionnels que sont les personnels qui seront, par ailleurs, chargés de sa mise en œuvre. Estimant qu’elle est pédagogiquement et scientifiquement solide, le SNES la considère comme une bonne base de réflexion et de débat. Il serait donc urgent que le ministère accepte d’en débattre et commence par se donner le temps d’une réelle évaluation de l’actuel programme.
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