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Projet de programme collège en histoire géographie Premières analyses avant retour des consultations

Le projet qui doit être soumis à consultation ne révolutionne pas les contenus enseignés en histoire et en géographie. Il est visiblement le résultat d’arbitrages délicats, comme de coutume pour la discipline, mais il devrait ouvrir de nouvelles opportunités aux enseignants et leur permettre d’exercer leur liberté pédagogique tout en assurant un cadrage commun qui reste bien marqué, avec des repères annuels.
D’ores et déjà attaqués par certains comme un abandon de la mémoire nationale, il est nécessaire d’écouter ce qu’en pensent les professionnels qui devront le mettre en œuvre avec les élèves.

Des points positifs :

Le projet de programme du CSP reprend en grande partie les contenus du programme actuel, mais il devrait permettre aux enseignants de renouveler les approches, soit parce que les entrées sont nouvelles et bienvenues (en 5ème, « le monde en 1500 », en 3ème « les femmes au cœur de sociétés qui changent »), soit parce que le libellé est beaucoup plus succinct et donc moins prescriptif dans les démarches. La disparition des « études particulières » notamment, va donner plus de liberté pédagogique. Les intitulés invitent à une mise en œuvre libre par l’enseignant en concertation avec son équipe, le cas échéant. Nous avons toujours défendu que certaines questions soient laissées au choix, à partir du moment où un programme ne permet pas de tout traiter d’une période par exemple, et que les finalités en terme de connaissance disciplinaire soient bien les mêmes : à savoir la mise en réflexion historique ou géographique qu’une question permet d’aborder.

Dans le préambule du programme du cycle 4, une phrase essentielle indique la fin de la prétention à l’exhaustivité. Des repères annuels structurants (heureusement) et une trame chronologique sont maintenus. Le fil rouge des programmes serait davantage celui des décloisonnements, des contacts, des regards croisés, ce dont on peut se réjouir. Le fait religieux est également annoncé comme un axe fort de leur écriture. Il reste selon nous à trouver un juste équilibre afin que celui-ci ne devienne pas la seule clé de lecture de toute société du passé ou d’ailleurs.

Au cycle 3, le programme d’histoire est peu renouvelé, donc peu allégé. En géographie, il apparaît plus cohérent, mais une mise au choix de certaines questions (espaces ruraux ou faibles densités) permettrait d’en améliorer la faisabilité.
Au cycle 4, la partie « compétences » revoit de façon plus pertinente les ambitions intellectuelles de la discipline. Pour la maîtrise des repères du temps et de l’espace il ne s’agit plus seulement de mémoriser mais de saisir la complexité de ces repères et de les manipuler. Le document reprend toute sa place, son statut est éclairci. Notamment pour ce qui concerne l’exercice d’analyse. « Raisonner, argumenter, exercer son esprit critique », « connaître les outils de l’historien et du géographe », sont des finalités réaffirmées clairement dans le tableau précédent la présentation du programme pour le cycle 4.

Des points qui appellent cependant des réserves :

Dès la 4ème, l’histoire politique l’emporte sur l’histoire sociale ou culturelle, ce qui est fort dommage, et le choix se réduit de plus en plus. Mais surtout le nombre de questions augmente, passant de 12 à 14, ce qui risque fort d’entraîner à nouveau un problème de survol au pas de charge des différents sujets, et l’inflation des questions rentre alors en contradiction avec les objectifs de compétence affichés en premier lieu. Il est clair que des logiques contradictoires sont présentes dans ce projet, il faudra tenter de les dépasser avant la version définitive si on ne veut pas laisser les enseignants trancher en leur donnant l’impression que, dans tous les cas, ils ne font pas ce qu’on leur demande.
Le programme de géographie est, en de nombreux points, un décalque de celui du lycée. A-t-on prévu de revoir entre temps ces derniers afin d’éviter la répétition à l’identique des mêmes questions, ce que dénoncent les collègues depuis plusieurs années ? En géographie, le choix est quasi inexistant, alors que la pression sur les contenus est certainement moins forte qu’en histoire. Par ailleurs, la géographie scolaire, nettement plus conceptuelle, se prête plus aisément à des approches au choix, rendues pertinentes par les diversités des opportunités.

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