Les négociations salariales

Protocole : Négociations ou carcan ?

Dés le début de la concertation sur l’école, le SNES a rappelé que la rénovation de l’école ne pourrait se faire sans une réelle revalorisation des rémunérations de ces personnels. Le ministre décide enfin d’ouvrir des négociations, mais si la méthode envisagée à l’origine a été revue grâce à l’action du SNES, le budget reste insuffisant. Le SNES ne se laissera pas imposer un cadre réducteur et portera les ambitions des personnels.

Le ministre a envoyé aux organisations syndicales une proposition de protocole de discussion qu’il entendait soumettre à leur signature, écartant ainsi les non signataires des discussions. Cette méthode qui nous aurait contraint à discuter de mesures très insuffisantes et sans perspective de programmation, aurait contredit le principe de participation des organisations représentatives aux négociations. Face à l’opposition du SNES et de la FSU, le ministre a renoncé à mettre en place cette méthode.

Propositions ministérielles

Comme dans le cadre de sa loi de refondation de l’école, le ministre propose de consacrer la majeure partie de l’enveloppe budgétaire aux personnels du premier degré : création d’une indemnité pour le suivi des élèves (environ 400 € par an), augmentation du contingent d’accès à la hors-classe. Déclinant celles en cours à la fonction publique, le ministère veut ouvrir des négociations sur les grilles des personnels de catégorie C et des contractuels pour aller dans le sens d’une harmonisation des pratiques de gestion dans les académies, point soulevé par le SNES.

Pour les personnels du second degré, les perspectives se limitent à l’augmentation, certes nécessaire, du taux d’accès à la hors-classe des CPE

Une seule mesure concernerait l’ensemble des enseignants (1er et 2nd degré) et CPE : la création d’une classe exceptionnelle, à l’issue de la hors-classe, donnant accès aux indices de la hors-classe des agrégés pour les certifiés et assimilés et à ceux de la hors-classe des IA-IPR pour les agrégés. Aucun échange n’a eu lieu sur les conditions d’accès et le nombre de possibilités ouvertes, le Ministre concédant simplement qu’elles seraient très restreintes.

Loin du compte

Ces mesures ne font pas le compte pour les personnels du second degré. Les Co-Psy sont oubliés et si l’ouverture de nos grilles vers des rémunérations plus importantes est légitime, cela suppose que tous les personnels accèdent à la hors-classe (ce qui n’est pas le cas) et qu’une discussion globale sur les grilles soit engagée.

Pour revaloriser nos professions et renforcer l’attractivité de nos métiers, le ministre serait bien inspiré d’ouvrir de réelle négociations sur un plan pluriannuel de revalorisation de nos rémunérations. C’est dans cette optique que le SNES portera les revendications des personnels telles que nous les rappelons dans le supplément spécial.

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