Votre année de stage

Quelle formation ?

28 juin 2012

 

Texte de référence : arrêté du 15/06/2012 fixant le cahier des charges de la formation des professeurs, documentalistes et conseillers principaux d’éducation. Circulaire n° 2012-104

Le cahier des charges de la formation des enseignants et CPE de 2006 instituait un service en responsabilité des stagiaires à mi-temps et l’IUFM comme maître d’œuvre de la formation. La réforme de 2010 a instauré un temps plein devant élèves et accéléré le démantèlement des IUFM. Le cahier de 2006 a alors été abrogé. Le SNES a saisi le conseil d’État en septembre 2010 demandant l’annulation pour excès de pouvoir de l’arrêté portant définition des compétences à acquérir par les professeurs, documentalistes et conseillers principaux d’éducation pour l’exercice de leur métier. Le 28 novembre 2011, le conseil d’État a abrogé l’article 3 qui abrogeait lui-même le cahier des charges de la formation des enseignants et CPE datant de 2006, la décision prenant effet le 31 juillet 2012. Afin de résoudre le « problème », le gouvernement précédent a proposé un nouveau cahier des charges. Le Conseil Supérieur de l’Éducation (CSE) et le Conseil National de l’Enseignement Supérieur ET de la Recherche (CNESER) se sont unanimement prononcés contre. Le Haut Conseil de l’Éducation (HCE) a donné un avis positif pour cause de « nécessite urgente de combler un vide juridique » mais accompagné de recommandations de modifications.

Malgré la demande de la FSU, au Ministre V. Peillon, le 16 juin 2012, d’ouvrir des négociations pour rédiger un cahier des charges transitoire pour 2012/2013, c’est le cahier des charges du gouvernement Sarkozy qui a été publié par le nouveau gouvernement.

L’échec d’une formation basée sur le mimétisme

« Compagnonnage », « accompagnement », en dehors de la volonté de supprimer des postes, la logique du précédent gouvernement, était celle d’une "formation" par mimétisme. Or l’enseignant est un concepteur capable d’adapter ses pratiques aux apprentissages des élèves et à leur hétérogénéité. Les « bonnes recettes » toutes prêtes n’existent pas sinon il n’y aurait plus d’échec scolaire depuis longtemps ! Les élèves et les situations sont toujours différents. Il faut, en formation, du temps pour prendre le recul nécessaire par rapport aux contenus disciplinaires, pour réfléchir et échanger sur nos pratiques. Mais cet échange n’est pas suffisant ; un rapport de l’Inspection Générale, que le précédent Ministère avait préféré ne pas publier, le souligne : « la formation des enseignants ne doit pas être réduite à l’excès à des apports « pratico-pratiques », totalement déconnectés de la recherche universitaire ». Pour nos syndicats, cela signifie une formation en lien avec la recherche. Nous porterons activement ce projet afin que les écoles supérieures du professorat et de l’éducation annoncées par le Président F. Hollande aient, en plus de leur mission de formation, une mission de recherche.

La période d’intégration et d’accueil

D’une durée de cinq jours « de préférence », « dans les jours précédant la rentrée scolaire » (donc fin Août….), mais « sur la base du volontariat » (et oui, fin Août vous n’avez pas encore pris vos postes). L’objectif est « la présentation du déroulement et des enjeux de leur année de stage ainsi que le nouvel environnement professionnel (académie, école ou établissement) ».

Le tuteur : un rôle crucial bien difficile à remplir

Ses missions sont définies par circulaire n° 2010-103.

Choisi par l’Inspecteur, désigné par le Recteur, il exerce en théorie dans votre établissement. « Il conseille le professeur stagiaire dans sa conduite de la classe, l’aide à préparer son enseignement et à mener une analyse critique de sa pratique. Il accueille le stagiaire dans sa classe autant que de besoin ». La circulaire du 22 juin 2012 sur le dispositif d’accueil précise que, avec leurs tuteurs, les stagiaires « pourront analyser leur pratique pédagogique et consolider leurs savoirs théoriques en les confrontant aux situations concrètes d’enseignement ». Mais, le Ministère ne préconise pas que l’emploi du temps du tuteur soit compatible avec celui de son stagiaire et il n’a aucune décharge pour assurer cette mission ! Conséquence : le tuteur, qui se trouve parfois dans un autre établissement, est souvent empêché d’assurer sa mission de conseiller pédagogique. L’aide qu’il apporte au stagiaire est extrêmement variable, le plus souvent sur la base de sa seule bonne volonté. Jusqu’à présent, ils n’avaient aucune formation, mais le ministère recommande cette année aux rectorats de leur proposer des formations appropriées dans le cadre des Plans Académiques de Formation et en lien avec l’université et la recherche. Second problème : les textes de 2010 sur les modalités de titularisation (voir chapitre 3) font jouer un rôle primordial au tuteur... Comment révéler à son tuteur ses difficultés et demander conseil alors que l’on sait par ailleurs que son avis compte pour moitié dans la titularisation ?

Nos syndicats sont très tôt intervenus pour dénoncer cette situation auprès du Ministère.

Beaucoup de conseillers pédagogiques expérimentés, ont refusé, avec l’appui du SNES, du SNEP et du SNUEP, de continuer à l’être à la rentrée 2010, manière de signifier qu’ils ne faisaient pas leur deuil de l’année de stage et refusait ce nouveau rôle prépondérant dans la titularisation empêchant une réelle relation de confiance entre conseiller-pédagogique et stagiaire.

Nous seront présents à vos côtés à cette rentrée, pour vous accueillir professionnellement et syndicalement dans le métier en tant que conseiller pédagogique ou simple collègue.

Le rôle du chef d’établissement

Il concoure « à l’accompagnement des stagiaires, notamment en les sensibilisant à la vie de l’établissement, aux relations avec les partenaires, notamment les parents, aux projets pédagogiques et, plus généralement, à la dimension éducative et collective du métier d’enseignant ».

Les chefs d’établissement n’ont pas à donner d’avis sur le plan pédagogique. Nous dénonçons ce rôle accordé par la circulaire.

La formation théorique

Quel volume horaire ?

Le cahier des charges indique un volume de formation « d’au plus » 1/3 du temps de service mais il n’y a aucun volume minimum ! La circulaire impose une formation de 6 h/semaine, avec dans les emplois du temps des stagiaires une journée réservée à cet effet, concentrant les heures de cours sur les autres jours.

Quel contenu ?

La circulaire précise que « cette formation, qui prendra appui sur l’analyse des besoins des stagiaires mettra en particulier l’accent sur la didactique des disciplines, la connaissance des mécanismes d’apprentissage, la conduite de classe, les méthodes de différenciation pédagogique et d’accompagnement des élèves en difficulté et les pratiques d’évaluation dans la classe ». Un volet important, présent pourtant dans le cahier des charges, est absent à savoir « des approfondissements ou compléments de formation antérieure sur des dimensions disciplinaires du métier ».

Nos syndicats sont très tôt intervenus pour dénoncer cette situation auprès du ministère. Beaucoup de conseillers pédagogiques expérimentés, ont refusé, avec l’appui du SNES, du SNEP et du SNUEP, de continuer à l’être à la rentrée 2010, manière de signifier qu’ils ne faisaient pas leur deuil de l’année de stage et refusaient ce nouveau rôle prépondérant dans la titularisation empêchant une réelle relation de confiance entre conseiller-pédagogique et stagiaire. Nous serons présents à vos côtés à cette rentrée, pour vous accueillir professionnellement et syndicalement dans le métier en tant que conseiller pédagogique ou simple collègue.
Au-delà des intentions, il s’agira toujours de parer au plus pressé. Sans cadrage national précis et sans réflexion sur la formation des formateurs, chaque académie a des contenus de formation différents. Contactez nos sections académiques pour connaître les modalités locales ! Aspect positif, ces journées de formation seront l’occasion de retrouver vos semblables et de confronter vos situations : vous pourrez faire ce qui est si important dans l’apprentissage de nos métiers, mettre à distance votre pratique, prendre du recul. Profitez-en au maximum, pour échanger sur vos problèmes, hors du cadre hiérarchique, et n’hésitez pas à interpeller les formateurs et les IPR. Nos militants feront tout leur possible pour être également présents sur les lieux de formation pour vous soutenir et vous conseiller ! Profitez-en également !
 
 

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