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Rapport de l’UNICEF : Inégalités entre enfants en hausse en France L’US Mag : Supplément au n° 762 du 30 avril 2016

Inégalités entre enfants en hausse en France

Ce rapport examine les inégalités entre les
enfants dans quatre domaines : l’éducation, la
santé, les revenus et la satisfaction individuelle.
Il concerne les pays de l’UE ou de
l’OCDE.
Pour ce qui a trait aux inégalités de
revenus, avec un taux global
d’enfants vivant dans la pauvreté
de 9 %, la France occupe
le 13e rang. Mais si on enlève
les transferts sociaux, la situation
est beaucoup plus
dégradée. C’est la confirmation
de l’efficacité des
politiques sociales qu’il
faut préserver et améliorer.
Notons cependant
qu’entre 2008 et
2013, le « revenu des
enfants » du décile le
plus bas a augmenté plus lentement que celui des
enfants à la médiane de la répartition.

Inégalités scolaires
Si ce classement est relativement bon dans le
domaine des revenus, les résultats dans les trois
autres domaines sont plus préoccupants. Plus de
30 % des enfants âgés de 11, 13 et 15 ans signalent
qu’ils sont touchés quotidiennement par un ou
plusieurs problèmes de santé, classant le pays au
27e rang alors que la France se situe légèrement au-dessus
de la moyenne des pays observés en ce qui
concerne les écarts de santé relatifs. Dans le décile
le plus bas, on constate aussi une augmentation de
l’inégalité concernant la qualité de l’alimentation
(25e rang).
L’UNICEF pointe du doigt les mauvais résultats
de la France en matière d’éducation : 35e sur 37.
Le fossé entre les
performances des élèves en
fonction de leur niveau
social est très important.
Le rapport montre que
les politiques publiques
françaises laissent de côté les
plus vulnérables. Or l’éducation
est une clé : un enfant
qui réussit à l’école va
déclarer plus volontiers
être satisfait de sa vie.
Sur ce point, la France
se situe au 28e rang sur
35. Entre 11 et 15 ans,
l’écart de satisfaction se creuse entre filles et garçons
(30 % d’insatisfaction chez les filles, 14 %
chez les garçons). En tête des raisons du mal-être :
l’échec scolaire, ainsi que les phénomènes de harcèlement.
Quelles préconisations ? Sécurisation des revenus
pour les ménages les plus pauvres, politiques scolaires
spécifiques pour les élèves en difficulté et
développement des activités physiques des enfants,
propose le rapport qui demande aussi une amélioration
de la statistique publique sur l’enfance.
Recommandations qui méritent vraiment d’être
suivies d’effets.

Marylène Cahouet

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