Rapports

IG : rapport sur la mise en oeuvre du LPC : analyse LV

Rapport n° 2012-094 d’ août 2012 de l’IGEN-IGAENR : La mise en œuvre du livret personnel de compétences au collège.

Le mot de “compétences”

C’est en langues vivantes étrangères dans les années quatre-vingt-dix qu’il fait notamment son apparition, d’autres disciplines entamant une réflexion sur leur finalité en terme de “savoir-faire” des élèves.

Le mot est ensuite utilisé dans le cadre européen avec l’élaboration en janvier 2001du « cadre européen commun de référence pour les langues » (CECRL) du Conseil de l’Europe, ainsi que du « cadre européen de qualification pour l’éducation tout au long de la vie ». La même année, en 2006, sont publiés le socle français et les « compétences-clés européennes ».

Le “Livret Personnel de Compétences”

Attestant de la maîtrise du socle commun de compétences en fin de scolarité obligatoire défini par décret de 2006, il devient obligatoire pour tous les élèves de troisième à la fin de l’année scolaire 2010-2011.

Pour les langues, ce décret instaure comme référence fondamentale le cadre européen de référence pour les langues conçu par le conseil de l’Europe et stipule que « la maîtrise du niveau A2 (niveau de l’utilisateur élémentaire) correspond au niveau requis pour le socle commun ».

L’articulation avec le DNB

Le rapport souligne le problème que pose l’addition du Livret au DNB, soulignant la difficulté à concilier la logique formative du socle commun et de l’approche par compétences et la logique certificative du DNB.
Les différentes circulaires sur la question entrent d’ailleurs en contradiction : une circulaire de 2008 prévoie une compensation pour le niveau A2, tandis que celle de 2010 précise que « si des lacunes manifestes apparaissent dans un domaine, la compétence ne pourra être validée ».

Les langues, « disciplines motrices »

Le rapport regrette ensuite la disparité entre les mises en œuvre du livret.

En langues vivantes selon le rapport, il est facile de remplir régulièrement une feuille de suivi de « format A4 » (sic) dans un classeur à disposition dans la salle des professeurs pour permettre à l’élève de suivre son apprentissage de la 6ème à la 3ème.
Par ailleurs il ajoute que l’évaluation des 5 activités langagières peut se faire dès la sixième et la validation du niveau A2 dès la fin de cinquième.

Les langues sont encore citées comme étant une des disciplines motrices contrairement à d’autres pour lesquelles les enseignants ont des difficultés à faire le lien entre programmes et socle.

Selon le rapport, “les langues se sont davantage libérées” que d’autres disciplines du “handicap” de la coexistence des programmes et du socle. Enfin, il préconise que “les programmes doivent être une déclinaison des compétences du socle commun”.

Préconisations

Le rapport suggère ensuite de mettre le DNB en conformité avec l’approche par compétences, d’en faire un “test unique à sorties multiples” attestant de niveaux de compétences et de confier aux équipes de professeurs la décision de l’attribution du DNB après examen des résultats et de l’évaluation continue de la maîtrise de chaque compétence.

Il annonce également la fin des bulletins trimestriels, proposant de les remplacer par un nouvel outil de suivi intégré au livret scolaire numérique.

Analyse du SNES :

Tout au long du rapport les langues sont citées comme l’exemple à suivre. Comme nous n’avons cessé de le dénoncer, il apparaît clairement que ces disciplines ont servi, et servent encore, de champ d’expérimentation pour toutes les réformes nocives que connaît actuellement le système éducatif.

La validation du A2 préconisé dès la classe de 5ème menace une nouvelle fois la diversité des langues, renforçant la prééminence de l’anglais en langue 1.
Dans ce rapport, l’enseignement par compétences est le dogme. On voit combien le renforcement du Livret Personnel de Compétences qui y est préconisé menace les programmes disciplinaires et le DNB. Nous rappelons ici notre volonté de défendre un examen national garant de l’égalité de tous, et des champs disciplinaires nettement définis permettant de donner du sens aux apprentissages.

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