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Recrutement réservé jusqu’en 2018 ? Un accès limité sans vraies mesures de « déprécarisation » !

Lors du comité de suivi des agents non titulaires du 16 mars, à la demande des organisations syndicales présentes, la ministre de la Fonction publique s’est prononcée en faveur du prolongement du plan d’accès à la titularisation.

Ce dispositif de recrutement réservé aux contractuels, inscrit dans la loi du 12 mars 2012, dite « loi Sauvadet », doit en effet prendre fin en mars 2016 et devrait donc être prolongé jusqu’en mars 2018. Marylise Lebranchu a déclaré cette prolongation « acquise », et, si elle n’est pas totalement officielle, elle devrait se concrétiser, vu les bilans alarmants que la FSU a présenté elle-même depuis 2012. En effet le ministère n’a proposé jusqu’alors aucun bilan sérieux et se refuse à publier les statistiques d’accès et de réussite à ces recrutements réservés, comme il est fait pour tous les autres concours.

Nous ne pouvons nous en féliciter car les relevés des résultats d’admissibilités actualisés au 27 mars prouvent une dégradation accrue. En effet , sur les 2960 postes proposés :

  • CAPES : 734 postes minimum non pourvus, soit 55% des postes offerts
  • CAPET : 143 postes minimum non pourvus, soit 65% des postes offerts
  • CAPEPS 17 postes non pourvus, soit 20% des postes offerts
  • CPE : 43 postes non pourvus, soit 43% des postes offerts
  • CO-PSY : 50 postes non pourvus, soit 91% des postes offerts
  • PLP : 589 postes minimum non pourvus soit 50% des postes offerts,

Soit déjà 1576 postes minimum qui ne seront pas pourvus équivalent à 53% des postes offerts ! (Voir le détail section par section, en pièce jointe). Ce seront donc au moins 69 filières sur 83 qui présenteront un déficit au terme des résultats d’admission !
Pour les filières CPIF, on note une grande différence sur le taux de pression :
En général : taux de pression de 1.1 (122 admissibles pour 110 postes)
En professionnel : taux de pression de 3.6 (217 admissibles pour 60 postes)
Tous les postes ne sont pas pourvus en CAPES (5 manquants), tandis que tous les postes le seront en CAPLP, et l’ouverture d’une liste complémentaire de 21 noms ne signifie pas que ces collègues seront effectivement admis.

La FSU, bien qu’élue majoritairement par les non titulaires depuis 2009 aux élections professionnelles, reste écartée du comité de suivi depuis 2012 de façon totalement illégale (recours en T.A) sous prétexte qu’elle n’a pas signé le protocole d’accord qui a conduit à la loi Sauvadet, loi qui lèse la majorité des non titulaires puisque dès le départ, la FSU avait compris que les conditions exigées pour entrer dans le dispositif de concours réservé étaient impossibles à réunir, pour la majorité des agents.

Pour autant, le SNES, le SNEP et le SNUEP ne sont pas restés impuissants, puisque leur légitimité a été réaffirmée par le vote majoritaire des agents non titulaires aux élections professionnelles de décembre 2014. Et nos syndicats de la FSU, présents dans les groupes de travaux au ministère, et dans toutes les instances ont soumis leurs propositions pour la récriture des principaux textes qui règlementent les droits des agents non titulaires, ainsi que celle des conditions permettant l’accès au réservé.

Car c’est bien le principal écueil des modalités d’accès au réservé, qui doit maintenant et urgemment faire l’objet d’une renégociation, si la ministre souhaite véritablement répondre aux attentes de tous nos collègues non titulaires sans lesquels l’éducation nationale, et au-delà, la Fonction publique, ne saurait fonctionner, les offres d’emplois ne cessant d’accroître le nombre d’enseignants précaires, d’année en année !

Les syndicats FSU rappellent leurs amendements, déposés dans le cadre du projet de loi de déontologie, pour soumettre au débat parlementaire ses propositions de récriture des conditions d’accès aux recrutements réservés de la loi du 12 mars 2012 :
entrée directe à l’ESPE, pour les contractuels ayant une certaine ancienneté.
suppression de l’exigence des 2 ans de service avant le 31 mars 2011
suppression de la limitation imposée par les temps incomplets (quotité d’au moins 70% d’un temps complet et de la référence au seuil de 50%).
ouverture de l’accès aux recrutements réservés pour les vacataires (recrutement dont nous avons fait reconnaître l’illégalité)
ouverture de l’accès au réservé pour les contractuels des établissements d’enseignement à l’étranger
suppression de l’exigence d’être en contrat au premier trimestre 2011.
De plus, il faut soulever d’autres questions essentielles telles que les blocages de certains jurys, la sélection des dossiers non anonymés, sans notes permettant de comprendre le rejet du dossier, ou même les conditions de l’épreuve orale (plusieurs questions sur la seconde partie, aucune sur la première, interrogation de type concours interne) et enfin, dans la majorité des académies, l’absence de formation conséquente et adaptée, pour permettre aux candidats de réussir pleinement les épreuves.
Ce ne sera que justice, pour tous ces agents laissé en situation de précarité, œuvrent pour notre service public d’éducation dans des conditions souvent difficiles, et n’auraient pas été maintenus en poste s’ils n’avaient prouvé leur valeur professionnelle !

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Admissibilités admissions concours réservés 2015 au 207 mars

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