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Un film de Halkawt Mustafa ( Norvège – Irak)

"Red heart" Sortie en salles le 21 novembre 2012

Shirin et Shoran s’aiment clandestinement. En attendant le moment propice pour demander à leur parents la permission de se marier, ils se rencontrent à la sauvette dans des endroits où personne ne risque de les voir.

Lorsque la mère de Shirin meurt, son père se met en quête d’une nouvelle épouse. Il en trouve une qui lui convient mais celle-ci n’accepte de l’épouser que s’il consent à ce que Shirin épouse son fils, un garçon incasable, laid, difforme et débile.

Shirin qui ne peut se soustraire à l’autorité de son père, se voit contrainte d’épouser le nabot.

Dès lors, le sujet du récit qui pourrait appartenir à la tragédie, opte pour le grand mélodrame.

Le jour des noces, Shoran enlève Shirin. Les deux jeunes gens, qui n’ont aucun point de chute, s’engagent dans une vie de fugitifs, dormant à la belle étoile, se lavant aux fontaines, fuyant les gardiens des jardins publics et la police.

Jusqu’au jour où Shoran est arrêté et condamné à six mois de prison. Livrée seule aux dangers de la ville, errant comme la pauvresse qu’elle est devenue, Shirin est victime d’un viol.

La retrouvant enceinte et pensant à une trahison, Shoran fuit Shirin et l’abandonne à la mendicité…

C’est la première fois qu’une production norvégienne est tournée en Irak, d’abord à Rawanduz, à la frontière de l’Iran, puis à Erbil, capitale du Kurdistan, une des villes les plus anciennes du Moyen-Orient.

Le tournage d’un film racontant une histoire d’amour clandestin entre deux très jeunes gens s’est heurté à des problèmes culturels et de morale.

Le scénario a dû être modifié afin que le comédien qui incarne Shoran n’ait pas de problèmes avec sa famille et dans un premier temps, Shahen Jamel qui joue Shirin a refusé de s’asseoir à l’arrière d’une moto et de passer le bras autour des épaules de son partenaire.

Dans sa première partie, "Red heart" confronte une histoire d’amour innocente au poids des traditions axées sur le respect d’une moralité d’un autre temps.

Au nom de cette moralité, un père, pour refaire sa vie avec la seconde femme de son choix, n’hésite pas à sacrifier l’avenir de sa fille et tout ce qui, dans le film, tourne autour des unions arrangées, des mœurs liées aux traditions, de l’autorité paternelle, donne sa consistance au récit.

Mais dès lors que le jeune couple prend la fuite et que la dérive s’amorce, l’histoire se dilue dans un mélodrame poussé à l’extrême et dans la répétition de séquences misérabilistes qui porte atteinte à la portée du sujet social.

Francis Dubois

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