US 764 du 26 août 2016

Redoublement, c’est fini ?

Le décret n° 2014-1377 du 18 novembre 2014 limite fortement le redoublement : il ne peut être dorénavant prononcé qu’à titre exceptionnel, à la demande de l’élève et sa famille. Deux cas sont possibles : une « période importante de rupture des apprentissages scolaires ». En fin de Troisième ou de Seconde, le désaccord avec « la décision d’orientation définitive » entraîne un « maintien » dans la classe d’origine. Si le redoublement est à juste titre mis en cause par des travaux de recherche montrant qu’il n’est statistiquement pas efficace, la seule réponse par le passage automatique dans la classe supérieure au collège comme au lycée n’est pas plus satisfaisante. Le SNES-FSU demande que les moyens ainsi économisés soient maintenus dans les établissements pour la mise en place de solutions alternatives. Au final, le passage automatique à l’issue de la Seconde GT en Première techno, et notamment en STMG, même s’il assure une place à tous les élèves, met en cause le travail et l’expertise des enseignants, et risque fort d’engendrer du décrochage en cours de Première. Quant à l’impact sur les structures de Première, en particulier les Premières techno, il n’a pas été anticipé.

DROIT AU REDOUBLEMENT EN TERMINALE

Le décret n° 2015-1351 du 26 octobre 2015 prévoit que les élèves ayant échoué au baccalauréat ont le droit de redoubler dans leur établissement, et pourront conserver leurs notes supérieures ou égales à 10. Ils pourront également bénéficier de conditions « aménagées » pour leur scolarité. Ces mesures qui semblent partir d’intentions louables vont poser des problèmes que le ministère n’a pas anticipés : pertes d’effectifs dans certains lycées, et surcharge des classes dans d’autres... sans forcément d’ajustement des moyens ; flou important sur la définition de « l’aménagement » de la scolarité : dispense de certains cours, ou obligation d’assiduité même lorsque l’élève conserve sa note ? Dans les deux cas, les risques de décrochage sont présents. Le ministère laisse les ­rectorats définir des règles académiques, et les établissements gérer les problèmes.

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