Campagne lycées 2012-2013

Refondation et lycée : vigilance de mise !

Réforme Chatel maintenue à la virgule près, suppressions de postes, effectifs en augmentation, la rentrée dans les lycées ne s’annonce donc pas plus facile que celle de l’an dernier.

La lettre aux personnels du ministre Peillon prend acte de la réforme du lycée et encourage la mise en place des différents dispositifs (accompagnement personnalisé, tutorat, stages, groupes de compétences...), tout en indiquant que ces modalités d’application "pourront être modifiées ultérieurement." Le ministère annonce seulement travailler au rétablissement de l’histoire-géographie en terminale S. A ce jour, il n’est pas envisagé de revoir les programmes des autres disciplines, ni par exemple le contenu de l’accompagnement personnalisé.

La diminution des moyens et l’augmentation des effectifs se poursuivent (plus de 30 000 élèves supplémentaires attendus et plus de 5 000 suppressions de postes dans les collèges et les lycées).
En juin dernier, des milliers d’élèves de troisième n’étaient pas affectés, les rectorats ont dû augmenter les capacités d’accueil des classes et en ouvrir d’autres. Les classes de seconde sont de plus en plus chargées (en 2011-2012, les ¾ des classes de seconde dépassaient 30 élèves et 1/4 comptait plus de 34 élèves).

Par ailleurs, le volet pédagogique de la réforme n’apporte aucune solution satisfaisante aux difficultés du lycée général, qu’elles soient pointées par les enseignants ou par les élèves : horaires disciplinaires diminués, programmes contestés, accompagnement personnalisé loin de faire ses preuves … conduisant entre autres à des emplois du temps désastreux.
Les résultats de la session 2013 du baccalauréat, première de la réforme, seront à analyser finement.

Le débat sur la « refondation de l’École » se poursuit. Il est fondamental, dans la mesure où différentes conceptions du lycée s’y affrontent : lycée modulaire et à la carte pour le SE-UNSA et le SGEN-CFDT, et pour une partie du PS, ou lycée reconstruit autour des voies et des séries, permettant à chaque jeune de trouver son parcours de réussite et d’obtenir diplômes nationaux et qualifications reconnues, pour le SNES et la FSU. Le débat oppose ainsi les tenants d’un lycée élitiste, à ceux qui, comme le SNES, veulent un lycée pour tous permettant au plus grand nombre de poursuivre des études supérieures.

Dans ce débat le SNES continue de porter ses axes revendicatifs : démocratisation, diversification, reconnaissance des diplômes et des qualifications, maintien de personnels au statut de fonctionnaires dans la fonction publique de l’État. Il demande aussi la remise à plat immédiate de la réforme Chatel, et non, comme le proposent les autres organisations syndicales, de la laisser s’installer et de réfléchir à l’horizon d’une dizaine d’années.

Mais ce débat doit également être mené dans les établissements. Le SNES continue de porter son plan d’urgence et organise les États généraux du second degré qui doivent être l’occasion de faire le point dans chaque lycée et de porter ensemble les revendications, d’imposer un schéma de lycée général, technologique et professionnel qui permette d’améliorer la réussite des jeunes, de limiter la difficulté scolaire et d’améliorer les conditions de travail des enseignants et des personnels.
La plus grande vigilance est toujours de mise.

Autres articles de la rubrique Campagne lycées 2012-2013