Situation et enjeux

Réforme du collège : évidemment, ça implose !

En cette fin de premier trimestre, le bilan de la réforme du collège se noircit. La déstabilisation des équipes, les pressions qui s’exercent sur les personnels, les difficultés de gestion de vie scolaire avec la complexité des emplois du temps, la fatigue accumulée pendant ce trimestre atteignent un seuil limite et de nombreux collègues sont en situation de souffrance. Les injonctions contradictoires, les préparations de cours à partir de documents d’accompagnement depuis la rentrée, la concertation impossible pour construire une véritable interdisciplinarité empêchent nos collègues de faire leur travail, ne permettant que de répondre au plus pressé.


Les conseils de classe ont accentué la pression avec la mise en place du Livret scolaire unique, le plus souvent via Pronote. Ne respectant pas les textes, reprenant un système d’évaluation du socle hérité de feu le Livret personnel de compétence, des chefs d’établissement cherchent à imposer une évaluation par items de compétence, voire une double évaluation par note et par compétences, dans l’optique de l’attestation de fin de cycle. Méconnaissance du socle et des programmes ? Volonté de mise au pas pédagogique ?

Il est temps de dire stop à ces pressions venues de toutes parts !

Refusons de renseigner les rubriques du LSU directement liées à la réforme, donnant un travail supplémentaire et inutiles : celles concernant l’AP, les EPI et les parcours. Refusons de valider des items du socle commun en cours d’année. L’évaluation du socle est une évaluation de fin de cycle. Le positionnement des acquis des élèves ne peut se faire que par une discussion de l’équipe des enseignants de la classe aux alentours du conseil de classe de troisième trimestre.

Parallèlement à la résistance pédagogique, il est essentiel de faire remonter par les CHSCT académiques et départementaux toutes les situations de travail dégradées. Il ne faut pas hésiter à renseigner les fiches de registre SST sur tout ce qui conduit à une surcharge de travail : multiplication des réunions, déstructuration et instabilité des emplois du temps, situations de tension, mise à mal de l’identité professionnelle…Ces registres sont obligatoires et personne ne peut nous empêcher de noter des observations et suggestions relatives à l’amélioration des conditions de travail.

Prenons le temps de débattre de nos conditions de travail, interpellons par tous les moyens notre hiérarchie. Ne laissons pas dénaturer nos métiers !

« Même en police de caractère 2,5 , les bulletins de mes élèves font trois pages. Cʼest illisible pour les familles... et même pour les collègues ! » (Valérie, espagnol)

« Transformer des appréciations en points pour le nouveau DNB... Mais combien de temps vont durer les conseils de classe du troisième trimestre ? »

« 41 items à renseigner en histoire-géographie, cʼest du grand nʼimporte quoi ! » (Alexandre, histoire-géographie)

« On refuse de photocopier les feuilles des registres CHSCT en raison du surcoût que cette opération occasionne, mais on nʼhésite pas à sortir des pages et des pages pour les bulletins. On voit quelles sont les priorités de lʼadministration... » (Anne-Marie, physique-chimie)

François Lecointe

Autres articles de la rubrique Situation et enjeux