US 690 du 16 janvier 2010

Réforme du lycée : Trois questions à Massira BARADJI (FIDL)

26 janvier 2010

 

L’US : Comment se positionne la FIDL (Fédération Indépendante et Démocratique Lycéenne), par rapport à la réforme Chatel du lycée ?

Massira Baradji : Nous nous positionnons clairement contre ce projet qui ne répond absolument pas aux préoccupations des lycéens. La question des inégalités entre les lycéens, les moyens humains et financiers, l’orientation, la démocratie lycéenne, l’éducation à deux vitesses... sont autant de sujets oubliés dans cette réforme. Rien sur la revalorisation de l’ECJS, rien sur la démocratie lycéenne, rien sur les budgets participatifs des lycées, rien sur l’embauche d’infirmières et de psychologues, rien sur les discriminations à la recherche de stages, rien sur un vrai service public de soutien scolaire, rien sur la formation des conseillers d’orientation, rien sur les inégalités entre les lycées, rien sur la carte scolaire, rien sur les classes surchargées, rien sur la ghettoïsation des établissements, rien sur les expulsions massives de lycéens étrangers. Pour nous, il est impossible d’accepter un projet si peu ambitieux qui reste dans une logique du toujours moins : autonomie des lycées, désengagement de l’État, suppressions de postes...

L’US : Pour la FIDL, quels seraient les principaux objectifs et axes d’une réforme du lycée ?

B. : Une véritable réforme du lycée ne peut pas zapper les questions de citoyenneté, de santé, d’égalité, des nouvelles technologies, de mixité, d’écologie ou encore d’international. Nous avons organisé en 2009 des états généraux avec des lycéens de toute la France, afin de faire des propositions sur le lycée que nous voulons et que nous avons déclinées en sept axes (http://www.fidl.org). Nous les avons rappelées lors de chaque rencontre avec le ministère... mais en vain. En fait, deux visions de l’éducation s’opposent  : celle que nous portons d’une éducation pour tous, permettant l’émancipation de chacun, et celle, gouvernementale, de la méritocratie, de l’élite et du marché de l’emploi.

L’US : Qu’envisagezvous dans les semaines à venir ?

B. : Nous allons mener des actions de conscientisation, d’information, d’interpellation afin de mobiliser le plus de lycéens possible. Nous avons remarqué que peu de lycéens sont au courant des risques d’accepter une telle réforme. À nous de jouer, de contrecarrer la campagne de communication de Luc Chatel. Pour ce qui est de la mobilisation, la FIDL va rejoindre le calendrier du SNES : journée de mobilisation le 14 janvier, manifestations le 21 janvier et manifestation nationale le 30 janvier. Entre temps, toute une série d’actions, de happenings, de flashmobs(1) seront organisées afin de maintenir la pression.

Propos recueillis par Roland Hubert

1. Mobilisation éclair, rassemblement d’un groupe dans un lieu public pour mener une action prévue à l’avance, puis

 
 

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Programmes et réforme du lycée : trop vite !

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Au lycée : Slovaquie

Réforme du lycée : Demi-journée banalisée