Lycée

Réforme du lycée : le bilan impossible ?

Depuis presque un an, le Ministère dit vouloir conduire un bilan de la réforme du lycée en vigueur depuis 2010... Ce jeudi 6 octobre, il convie les organisations syndicales à réfléchir à des "axes de réflexion" sur la base de thèmes présentés tout au long de l’année dernière lors de groupes de travail. Pourquoi cette impression de "sur place" ? Avec un ordre du jour, quasi identique à celui de novembre dernier, une "synthèse" des discussions transformée en "constats" portant sur le bilan de la réforme et de pseudo réponses à des questions biaisées, l’essentiel semble volontairement éludé. Au travers de fiches thématiques (voir ci-joint), le SNES-FSU montre pourtant que le lycée, tel qu’il est devenu, ne permet pas de réaliser les ambitions de démocratisation que la Loi de Refondation entendait porter.

Loin des déclarations présidentielles de rentrée sur une prochaine réforme du lycée, le Ministère avait d’emblée affirmé sa volonté de trouver des points de consensus pour amener à des propositions d’aménagements « à la marge » ou de dégager des « voies d’évolutions ». Il transforme ce qui aurait du être un bilan en une recension de dispositifs dont il tente d’évaluer l’efficacité à l’aune d’objectifs définis en 2010 sur un projet politique, a priori, différent de l’actuel... On l’aura compris, il n’est pas question de "Refondation" pour le lycée ! Comment comprendre alors ce choix de la continuité ?
Le SNES-FSU exigeait de sortir de la logique imposée en son temps par le Ministre Chatel pour imposer un autre projet pour le lycée. Or, le Ministère s’est enfermé dans le principe de l’autonomie des établissements, désormais érigé en dogme. Le renvoi au local d’une part plus ou moins importante de la répartition des heures d’enseignements n’est en effet jamais mise en cause. C’est l’angle mort de toutes les discussions sur le bilan de la réforme alors que le thème des inégalités scolaires et sociales dominent les débats éducatifs. "Y penser toujours, n’en parler jamais" ! La note de la DEGESCO sur le bilan de la réforme (voir pièce jointe) pourrait facilement s’enorgueillir de cette exergue. On sent même poindre des pistes d’ajustements techniques ou pédagogiques avec une plus grande place laissée aux projets, aux "compétences" ou bien d’éventuelles "semestrialisations" d’enseignements ... S’il est parfois question de "pilotage" ou d’un "portage" plus fort de certains dispositifs , il ne s’agit jamais de cadrage...
Avant de penser nouvelle réforme, des mesures d’urgence s’imposent donc afin de permettre à tous les élèves de bénéficier d’une offre de formation partout équivalente :
- Un cadrage national des dédoublements ou des heures à effectifs réduits ;
- La garantie de dotations suffisantes pour les enseignements optionnels à hauteur des horaires légaux ;
- Le financement de tous les enseignements à partir du moment où ils sont officiellement mis en place doit être assuré, en particulier celui de l’EMC dans la voie technologique ;
- Mettre fin à la globalisation des horaires, notamment en langues vivantes ;
- Repenser les enseignements d’exploration avec des horaires hebdomadaires portés à 2 heures et mettre fin aux diverses expériences de "semestrialisation" ou d’annualisation ;
- Relier clairement l’accompagnement personnalisé à des disciplines, à un groupe-classe et en attribuer la charge à un enseignant de la même classe.
- Revenir à des épreuves terminales et anonymes en lieu et place des épreuves en cours d’année (ECA) ou autres contrôles en cours en formation qui prolifèrent depuis 2010.
- Abaisser le effectifs par classe, devenus aujourd’hui pléthoriques.

L’ensemble de ces mesures d’urgence serait un préalable à une réflexion plus large sur ce que devrait être un lycée capable d’offrir à tous et partout les conditions de formation les meilleures possibles pour assurer une poursuite d’étude réussie.

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