Campagne lycées 2011-2012

Réforme du lycée : (ré)-agir et se mobiliser !

A la rentrée 2012, sans bilan officiel des deux premières années, la réforme doit se mettre en place en terminale dans la majorité des séries. Le bac 2013 sera le premier de la réforme et ses épreuves anticipées ont lieu dès la fin de cette année scolaire. Le bilan de terrain n’est pas bon. Il faut enrayer les dégradations en cours et engager d’autres choix.

L’application de la réforme est prévue en terminale de toutes les séries générales et dans certaines séries technologiques (ex STI2D), à l’exception des séries STG et ST2S qui vont connaître la première année de la réforme (en classe de première) à la rentrée dans la perspective du bac 2014. Quant aux séries Hôtellerie et TMD leur sort sera scellé plus tard.
Comme à la rentrée 2011, aucun compte n’est tenu des besoins réels avancés par les enseignants, les élèves et les parents, le pilote principal de cette réforme restant les économies budgétaires. Or dans le budget 2012, les suppressions de postes se poursuivent dans le second degré. Comme l’an passé, les recteurs sont chargés de trouver les marges de manœuvre les plus adéquates dans chaque académie, l’idée étant ensuite d’agréger les remontées pour annoncer les arbitrages nationaux. Les recteurs sont désormais jugés (et rémunérés) sur leur capacité à mettre en œuvre ces suppressions de postes, le décret n° 2010-1405 du 12 novembre 2010 créant une indemnité de responsabilité, allouée sur la base des objectifs atteints.

Si certains continuent de penser que c’est parce que cette réforme n’a pas pu se déployer que les résultats en sont insuffisants ou contestables, nous affirmons au SNES qu’elle va à l’encontre de la mise en place du lycée démocratique nécessaire à la société que nous voulons et qu’elle doit être radicalement remise en cause dans ses principes et ses modalités.
En effet, le gouvernement n’affiche même plus l’obligation pour l’Etat de scolariser tous les jeunes jusqu’à 16 ans, il construit un lycée qui permette à un jeune sur deux d’être diplômé de l’enseignement supérieur, en délaissant les autres, souvent d’origines les plus modestes. Le gouvernement met en œuvre, au lycée, une politique d’apartheid social : aux jeunes favorisés ce lycée « rénové » pour aller vers les plus hauts diplômes, les autres iront trouver une qualification ailleurs, ou viendront alimenter le « stock » des jeunes sans qualification

Ce que nous contestons dans cette réforme :

  • la diminution des horaires disciplinaires : en Seconde (enseignements de tronc commun ou d’exploration) comme en Première (en particulier dans les enseignements spécifiques de chaque série). Cet enjeu strictement budgétaire dégrade en même temps la qualité des enseignements et les conditions de travail ;
  • la dotation globalisée pour les heures à effectifs réduits : la pénurie organisée met les disciplines en concurrence au détriment des élèves ; l’autonomie locale institutionnalise l’inégalité des conditions d’enseignement, et bientôt des horaires, renforçant la concurrence entre établissements ;
  • l’accompagnement personnalisé : ce dispositif phare de la réforme n’a souvent de « personnalisé » que le nom, il ne peut y avoir d’aide méthodologique pertinente qu’en lien avec les disciplines. Or l’AP est justement financé par la diminution des horaires disciplinaires, donc de la possibilité de travailler dans chaque discipline les difficultés des élèves ;
  • les programmes : modifiés à la va-vite et sans réelle concertation,ils posent de nombreux problèmes (histoire-géographie en Première, SES etc.) ;
  • le tronc commun de Première : un outil majeur de suppressions de postes, par la compression des élèves dans des groupes aux effectifs très lourds. Ni les élèves ni les enseignants n’y gagnent ;
  • les stages et le tutorat : ne sont pas mis en place ou le sont de façon aléatoire, pour répondre à un affichage ministériel sans moyens ;
  • les enseignements nouveaux : l’affichage d’un plus grand choix est une escroquerie. Les restrictions budgétaires rendent impossible l’ouverture de ces enseignements (spécialités et options). Les élèves sont rationnés dans leurs possibilités de choix. Le « nouveau » lycée est donc encore moins respectueux des goûts des élèves qu’auparavant.

Rectorats et chefs d’établissement n’hésitent pas, en outre, à attaquer les statuts des enseignants pour leur imposer des heures de service supplémentaires non rémunérées, au prétexte parfois de cette réforme.


La rentrée 2012 se prépare dès maintenant
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Il faut continuer à combattre ces orientations, et imposer à chaque fois que cela est possible la diversification qui permettrait au plus grand nombre de réussir. Il faut imposer le maintien ou la mise en place d’un maximum d’enseignements d’exploration en seconde, il faut refuser les regroupements et la mise en place des troncs communs en première afin d’assurer les spécificités des séries, il faut maintenir dans chaque établissement un maximum de séries et de formations et ceci sans condition d’effectifs, il faut développer les options facultatives.
Ces combats doivent être menés à tous les niveaux, dans les établissements, dans les académies, au niveau national. Ne nous laissons pas faire, l’urgence est toujours là.

Vous trouverez dans le matériel de campagne divers autres outils de mobilisation :
- l’actualité de la réforme
- une publication de décryptage et de proposition sur la réforme
- une publication plus générale de préparation de la rentrée 2012
- une aide au bilan syndical de la mise ne place de la classe de Seconde
- affiches, tract et diaporama
- voie technologique

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