6 novembre 2009
En audience le mardi 20 octobre, le cabinet du ministre a donné au SNES ses « pistes de travail » pour la réforme du lycée.
Pour la classe de seconde, le changement porterait sur deux enseignements d’exploration (soit deux fois1h30), et 2 heures d’accompagnement personnalisé hebdomadaires. Les horaires élève et professeur ne seraient pas touchés : l’accompagnement se ferait donc nécessairement au détriment des modules ou de l’aide individualisée. Le cœur du travail scolaire et le lieu réel où remédier à la difficulté : le cours, ne serait donc pas concerné ! La classe de seconde dont chacun sait qu’elle offre aux élèves des conditions d’étude difficiles, et aux enseignants des conditions de travail très dégradées...continuerait de poser les mêmes problèmes !
Pour le cycle terminal général, une « spécialisation progressive » est retenue. Le « droit à l’erreur » se matérialise en classe de première par un tronc commun ne concernant que des disciplines « non scientifiques » (3/5 de l’horaire), complété par des « enseignements de spécialité ». L’idée est de permettre une éventuelle réorientation des élèves en cours d’année par le seul rattrapage des enseignements de spécialité. Le ministère l’admet lui-même, ce dispositif est surtout destiné à permettre les passages de la série scientifique vers les séries économique et sociale ou littéraire. Rien de bien nouveau, et on voit mal comment un stage d’une semaine permettrait de rattraper un semestre ou une année de cours. S’il s’est prononcé pour une spécialisation progressive, le SNES demande une classe de première diversifiée : les enseignements ne doivent pas être transversaux mais en cohérence avec chacune des séries, de manière à donner du sens à l’ensemble des savoirs.
Pour la voie technologique, il serait envisagé une diminution drastique du nombre de spécialités de la série STI.
L’objectif du gouvernement est clair : rééquilibrer les séries générales à flux d’élèves constant, faire des économies par la réduction de l’offre de formation (série STI, mais aussi options facultatives, dont le cabinet a été bien en peine d’assurer l’avenir), déléguer au local une part croissante de la gestion des horaires.
Le SNES défend un tout autre projet : assurer à l’ensemble d’une génération la réussite dans une des voies du lycée, notamment par de meilleures conditions de travail pour tous dans les établissements, avec un cadrage national assurant l’équité.
C’est pourquoi il n’a cessé de dénoncer le calendrier contraint dans lequel s’est lui-même enfermé le gouvernement. Une nouvelle classe de seconde à la rentrée 2010, c’est faire l’impasse sur de nouveaux programmes permettant de diversifier les pratiques et d’inventer une structure mettant élèves et enseignants en situation de réussite, c’est condamner la réforme à l’échec !
Le cabinet devrait présenter une première ébauche de projet aux organisations syndicales d’ici la fin du mois. Le ministre ferait les annonces définitives fin décembre. Pesons pour une autre réforme du lycée !