Communiqués

Rentrée 2010 : derrière le décor en trompe l’œil

Le rapport de l’Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale, remis en juillet à Luc Chatel et révélé vendredi par la presse, apporte, de la part d’une institution peu suspecte d’attitude spontanément contestataire envers le ministre, une confirmation de ce que le SNES-FSU, avec la profession, affirme avec force depuis un an : le ministre cache la réalité d’un second degré sous tension sous une communication mensongère et lénifiante.

La révélation de ce rapport a été opportunément suivie de la publication tant attendue et tellement différée des prévisions d’effectifs d’élèves pour les années à venir : une augmentation estimée pour le second degré à 39 200 en 2010 et 61 900 en 2011 et touchant particulièrement le collège.

Les choix budgétaires et idéologiques du gouvernement, en contradiction flagrante avec cette remontée des effectifs des élèves en collèges et en lycées sacrifient l’avenir du second degré et des jeunes qui y sont scolarisés.
A ce titre, le rapport de l’inspection générale pointe, en termes choisis mais clairs, les conséquences dans les collèges et les lycées de la politique budgétaire et éducative du gouvernement : un déficit de moyens d’enseignement chiffré à 2700 emploi temps plein), l’augmentation des effectifs par classes, le recours accru à des personnels non titulaires et une incapacité à satisfaire les remplacements, une dégradation des conditions d’emplois et de service des personnels, une réforme de la formation des maitres mal pensée et dont l’organisation renvoyée au local relève du bricolage et de l’anarchie, une opacité de la mise en œuvre de la réforme de la Seconde (enseignements exploratoires, accompagnement personnalisé)…

Le ministre traitera-t-il le rapport de l’inspection générale avec le même mépris que celui qu’il manifeste pour les personnels et leurs organisations syndicales ?
Il s’est coupé non seulement des personnels mais aussi semble-t-il de son administration.
Le ministre doit affronter la réalité de la situation critique de l’institution dont il a la charge et comprendre enfin la nécessité d’une tout autre politique budgétaire et éducative. Il apparaît en particulier impossible à un moment où le projet de budget 2011 en est aux ultimes arbitrages, d’envisager d’y supprimer à nouveau des emplois d’enseignants.


A consulter :
- Le rapport de l’IGAENR

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