Numérique

Rentrée numérique dans le Grand Est : les élèves subissent, les parents payent

Pour 49 lycées de la région Grand Est, le conseil régional a fait le choix dans le cadre d’une expérimentation de remplacer les livres scolaires par leur équivalent numérique. Ce recours massif aux « e-manuels », sans consultation préalable des différents acteurs (parents, enseignant.e.s, lycéen.ne.s), va avoir des conséquences tant pour les élèves que pour leurs familles.
Outre le fait que le conseil d’administration aurait du être consulté, la réflexion sur la pertinence pédagogique d’un tel outil a été évacuée. Drôle de méthode pour des gens qui rêvent de compétence élargies en matière d’éducation .
De plus cette utilisation en classe et hors de la classe va démultiplier le temps d’exposition des élèves aux écrans, voire aux ondes Wifi, alors que de nombreuses études tendent à en montrer les effets négatifs sur la concentration, le sommeil, le stress, l’hyperactivité ; par ailleurs, les problèmes de vision ont une tendance très nette à augmenter chez les jeunes…
D’autre part, cela va contraindre les familles qui ne disposent pas encore de terminaux numériques à s’équiper car ce sont les élèves qui doivent apporter leur propre matériel, rechargé à leurs frais. Le conseil régional a conclu un marché pour proposer aux familles trois modèles à tarif négocié : une tablette avec clavier à 372 euros, un ordinateur portable à 452 euros ou un autre à 1056 euros. Une aide est prévue pour les foyers gagnant moins de 6.000 euros mensuels mais avec un reste à charge pour les familles qui pourra varier de 186 à 831 euros. Quid de la gratuité de l’enseignement et de l’impact de cette différenciation des prix entre les offres ?

Les enseignants ni leurs organisations n’ont bien sûr pas été consultés mais la généralisation aux 355 lycées de la région est déjà envisagée à marches forcées jusqu’en 2020.

Le SNES-FSU dénonce les conditions de cette expérimentation menée à la va vite et
unilatéralement par le conseil régional du Grand Est. Nous demandons, en tout état de cause, une évaluation réelle de cette expérimentation à laquelle seront associés les enseignant-es et leurs représentants avant toute généralisation.

Autres articles de la rubrique Numérique