L’argumentaire du S1

Retraites : Fiche argumentaire sur l’allongement de la durée de cotisation

Fiche argumentaire sur l’allongement de la durée de cotisation

1) La mesure telle qu’elle a été annoncée le 27 août par le premier ministre

  • « La réforme ne change pas le calendrier de hausse de la durée avant 2020.
  • L’espérance de vie pour une personne de 60 ans continuera à augmenter et atteindra un peu plus de 25 ans pour les hommes et 30 ans pour les femmes en 2040.
  • La durée d’assurance pour une retraite à taux plein à partir de 2020, augmentera d’un trimestre par an et passera ainsi à 43 ans en 2035. »

2) L’analyse du SNES

La hausse de la durée d’assurance a été introduite par la réforme Balladur pour le secteur privé, étendue à la Fonction publique en 2003, formalisée par la loi Fillon. Elle avait été alors programmée jusqu’en 2020.
Le nouvel allongement annoncé s’inscrit donc dans la continuité de la réforme Fillon qu’il confirme. Il confirme d’ailleurs aussi la réforme de 2010 en ne modifiant pas les âges clés de la retraite : 62 ans pour l’âge du droit à la retraite, 67 ans pour l’âge du taux plein, c’est-à-dire l’âge auquel la décote ne s’applique plus.

A qui profite ce progrès humain ? Jusque là, l’allongement de la durée de la vie s’est accompagné de la baisse du temps passé au travail. En un siècle, la part de la vie consacrée au travail est passée de 2/3 à ½. L’allongement de la durée de la vie veut interrompre cette évolution alors que, par ailleurs, l’espérance de vie en bonne santé, elle, diminue.

Avec une entrée plus difficile dans l’emploi et confrontées pour leur droit à la retraite à une durée hors de portée, les nouvelles générations le vivent comme une double peine.
Pour ceux des salariés qui le peuvent, l’allongement se traduit par un report de l’âge de la retraite. Pour tous les autres, sans emploi au moment de liquider leur retraite (la moitié des salariés du privé) ou poussés à s’arrêter par des conditions de travail difficiles, c’est une pension minorée. Associé à la décote, l’allongement pénalise d’abord les carrières courtes et précaires. Les femmes en sont les premières victimes.

Fixer une durée de 43 ans, ce serait de fait repousser l’âge de la retraite à près de 66 ans (voir tableau).

Génération Nombre moyen de trimestres validés à 30 ans(*) Nombre de trimestres requis pour le taux plein Âge moyen auquel les conditions du taux plein sont/seraient remplies
1950 46,2 162 (40,5 ans) 60 ans
1978 31 172 (43 ans) 65 ans ¼

(*) Source : rapport de la commission pour l’avenir des retraites.

Les propositions du SNES

Pour le SNES et la FSU, l’objectif d’une retraite à taux plein à 60 ans pour tous avec un taux de remplacement à 75 % reste complètement d’actualité.
La durée d’assurance à retenir pour atteindre cet objectif doit être à la portée de tous et tenir compte de la réalité des carrières professionnelles, du recul de l’âge d’entrée dans la vie active et prendre en compte les années d’étude, de formation et de recherche du premier emploi.
C’est donc la question du financement de droits améliorés qui est posée, ce qui suppose un autre partage du travail et des richesses (voir fiche n° 5).

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