L’argumentaire du S1

Retraites : Fiche argumentaire sur le report de la date de revalorisation

Fiche argumentaire sur le report de la date de revalorisation.

1) La mesure telle qu’elle a été annoncée le 27 août par le premier ministre

« Enfin, il est hors de question de recalculer ou de baisser les retraites ! Le gouvernement refuse de sous-indexer les pensions pour plusieurs années. Les retraités seront néanmoins mis à contribution sous deux formes. Une mesure générale d’abord. Au lieu d’intervenir au 1er avril, la revalorisation annuelle des pensions, qui interviendra encore chaque année, bien sûr, aura lieu au 1er octobre. L’augmentation sera donc régulière, elle sera simplement décalée. 2,7 milliards d’euros, c’est la contribution en 2012 des retraités au déficit, dont 1,4 milliard au titre du report de l’indexation sur l’inflation ».

2) L’analyse du SNES

2,7 milliards d’euros, c’est la contribution en 2012 des retraités au déficit, soit un cinquième du financement. 1,4 milliard provient du report de l’indexation sur l’inflation (600 millions d’euros en 2014). Ceci, alors que Pierre Moscovici annonce que la hausse des cotisations employeurs sera compensée dès 2014
Contrairement à ce que dit le gouvernement – « les retraités voient la garantie de leur pouvoir d’achat et de leur pension » (Michel Sapin, mercredi 28 août) – les retraités, y compris les plus modestes d’entre eux, seront touchés par la réforme. L es bénéficiaires du revenu minimum vieillesse aussi.
Le report de six mois de la revalorisation des pensions ampute sérieusement le pouvoir d’achat des seniors. En effet, le gouvernement calcule le gain attendu par cette mesure à 1,4 milliard. Rappelons d’abord que, depuis 2009, les pensions ne sont plus revalorisées au 1er janvier mais au 1er avril. Dès 2014, ce sera au 1er octobre. La mesure va aboutir concrètement à priver les retraités chaque année de la revalorisation de six mois de pension (en plus des 3 mois) : « En 2014, par exemple, avec une inflation à 1,2%, les retraités vont donc passer 6 mois supplémentaires sans bénéficier de la revalorisation qu’ils auraient eue sans la réforme. C’est 0,6% de perte de leur pouvoir d’achat » explique Henri Sterdyniak . Ainsi, avec une inflation de 2%, un retraité avec une pension de 1200 euros par mois touchera dans l’année 144 euros de moins. Bis repetita l’année suivante, car « cette mesure est une économie qui sera faite chaque année », déclare un conseiller ministériel. Tous les retraités sont concernés, même les petites retraites, contrairement à un engagement du candidat Hollande.
L’application de ce report pourrait avoir des conséquences négatives pour les plus précaires. Effectivement, la date de revalorisation de l’Aspa (allocation de solidarité aux personnes âgées) calée sur celle des retraites serait repoussée au 1er octobre, 600 000 personnes, parmi les plus pauvres, étant concernées.

3) Les propositions du SNES

Le SNES défend le principe d’une revalorisation des pensions avec un effort particulier pour les petites retraites. Il demande le retour de l’indexation des pensions sur les salaires dont la masse augmente plus vite que les prix. Il défend une c onception de financement solidaire fondé sur le partage des richesses.

1. Économiste à l’OFCE (observatoire français des conjonctures économiques) : propos rapportés dans Libération du 30 août 2013

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