26 novembre 2006
Participants à la réunion :
FADBEN : Isabelle FRUCTUS, Martine ERNOULT, Alain LUCIANI
CNGA-CGC : Françoise PONCET
SCENRAC-CFTC : Claudette GARDERET
SNALC : Renée PICHARD
SNCL-FAEN : Pascal CAZIER
SNES-FSU : Vassilia MARGARIA, Jean-pierre HENNUYER, Dominique CHABANT
SUD-EDUCATION : Annick CHAMPEAU
Confédérations absentes mais ayant accepté le principe de la démarche intersyndicale : la FTE-CNT (François SPINNER), le SE-UNSA (Françoise BARBIER) et l’UNSEN-CGT (Christine BARIAUD).
Isabelle Fructus, présidente de la FADBEN revient en préambule sur l’engagement du ministère de donner une réponse écrite sur les points suivants : création d’une liste complémentaire au CAPES, état chiffré des reconversions et réadaptations en documentation, mise en place d’un groupe de travail sur la fonction documentaire en EPLE. Malheureusement, à ce jour, cet engagement n’a toujours pas été tenu. L’ensemble des particpants tient à dénoncer ce mépris manifeste à l’égard des enseignants documentalistes. Isabelle Fructus a ensuite rappelé le contexte actuel de notre profession : la création d’une ERTé (équipe de recherche technique en éducation) qui a pour mission de réfléchir à un programme en information documentation, l’université d’été qui s’est tenue cet été à Poitiers sur le thème "De l’information à la connaissance " et dernièrement, la création des mentions complémentaires en documentation. Par ailleurs, elle a évoqué les questions récentes posées par les députés au gouvernement.
A ce sujet, Vassilia Margaria (SNES) a fait part du courrier du député U.D.F. de la Somme, Daniel Dubois ( paru au J.O. Sénat du 13 juillet) et de la réponse qui a été faite par le ministère selon laquelle « une réflexion serait prochainement menée sur la fonction documentation dans l’établissement scolaire ». (JO Sénat 12 octobre - page 2609)
Ensuite, Isabelle Fructus a conclu en évoquant les mentions complémentaires. Outre le fait que les candidats au Capes de documentation ne bénéficient, eux, d’aucune mention, ce nouveau dispositif soulève de nombreux problèmes : quel est son intérêt pédagogique ? Comment va-t-il être mis en place concrètement ? C’est l’épreuve orale de STD qui, actuellement, permet la validation de cette mention complémentaire. Ce n’est pas un mauvais choix, cette épreuve exigeant des connaissances théoriques et pratiques. Toutefois, on peut s’interroger sur les conditions d’organisation de l’épreuve. Les candidats seront-ils regroupés avec ceux qui passent le capes de documentation, ce qui constitue la solution la plus équitable, ou seront-ils évalués à part, avec le risque d’en faire une épreuve plus facile ? Autant de questions à poser au ministre... La Fadben propose donc à tous les participants d’intervenir selon deux axes : la réaction face à l’absence de réponse du ministère après l’entrevue du mois de juin avec M. Roy, une réflexion sur les mentions complémentaires.
Le CNGA (Françoise Poncet) est opposé au principe de la bivalence et par conséquent à celui des mentions complémentaires. Par ailleurs, le fait que les promesses faites durant l’entrevue de l’année dernière n’aient pas été tenues est inadmissible.
Le SNCL- FAEN (Pascal Cazier) partage la position de la Fadben et s’oppose aux mentions complémentaires. La question de ces mentions est à rapprocher du problème de l’intégration des postes de documentalistes dans la DGH. Il déplore également l’attitude méprisante de M. Roy.
SUD éducation(Annick Champeau) approuve le principe d’une lettre au ministère et s’oppose aux mentions complémentaires qui ne sont que l’expression d’une gestion à court terme.
Le SNALC (René Pichard) approuve l’idée d’une réaction ferme par rapport à l’attitude de M. Roy et partage l’inquiétude du SNCL à propose de la DGH. L’expérience menée à Paris sera-t-elle bientôt étendue au reste de la France ? Quant aux mentions complémentaires, il s’agit d’un système dangereux qui, sans parler du manque d’équité puisqu’il n’y a pas de réciprocité, soulève de multiples questions : quelles seront les conséquences sur le mouvement puisque les gens titulaires de mentions complémentaires vont bénéficier de points supplémentaires ? Quelle formation les stagiaires recevront-ils, sachant qu’une discipline est forcément majoritaire ? A ce sujet, Isabelle Fructus rappelle que des mentions complémentaires dans d’autres disciplines ayant été mises en place l’année dernière, certains IUFM rencontrent déjà des problèmes d’organisation. Enfin, René Pichard soulève le problème des personnes actuellement détachées en documentation, originaires de France Telecom, du corps des professeurs des écoles ou des PLP, et qui seront certainement validées à terme.
Le SNES-FSU(Jean-Pierre Hennuyer) approuve l’idée d’un courrier commun et ferme en réaction à l’absence de réponse du ministère , toutefois, il souhaite que soit abordée la question cruciale du sous-recrutement qui constitue en fait le fond du problème. Une enquête menée dans les différentes académies montre en effet que 15 à 20 % des collègues actuellement en postes ne sont pas des professeurs documentalistes certifiés, on assiste donc à un pourrissement de la situation. En conséquence, le SNES s’oppose à la bivalence et aux mentions complémentaires, tout particulièrement en documentation. En effet, on peut craindre que les candidats aux mentions complémentaires ne soient motivés que par une représentation dévalorisée de notre métier. Il en va de même pour la VAE qui pourra permettre d’entériner un certain nombre de passages sauvages en documentation. De plus, quelles seront les conséquences sur le mouvement des enseignants documentalistes ? Tout ceci ne signifie-t-il pas, à terme, l’extinction de notre métier ? C’est en tous cas la preuve que le ministère ne reconnaît pas notre spécificité. En conséquence, une riposte unitaire et ferme est absolument nécessaire.
Le SCENRAC-CFTC Claudette Garderet) enfin est hostile aux mentions complémentaires et se montre très réservé quant à la VAE. La qualité des enseignements n’en souffrira-t-il pas ?
Après ce tour de table, Isabelle Fructus a repris la parole pour faire un rapprochement entre notre situation et celle des COPSY. Les mentions complémentaires font partie d’un ensemble de faits qui annoncent un assèchement des recrutements : expérience de la DGH à Paris, baisse des recrutements, recours croissant à des personnels faisant fonction. Elle a également évoqué le dispositif mis en place en Corse, sur les moyens de la formation continue (et donc au détriment des autres actions) pour permettre à 5 collègues en reconversion de bénéficier d’une année de formation pour préparer leur passage en documentation. Enfin, le socle commun ne nous reconnaît aucune légitimité. Que nous soyons placés dans le groupe TICE (ce qui constitue une vision purement utilitariste) ou dans le groupe autonomie (autonomie à laquelle nous participons au même titre que les autres disciplines !), nous n’avons aucune place réelle. De même, nous n’apparaissons pas clairement dans la LOLF. On ne peut donc que regretter une gestion purement économique et à court terme.
En conclusion, il est décidé d’envoyer une lettre au ministère faisant état des difficultés que rencontre notre profession. Sur le plan purement pratique, il semble évident que ce courrier ne constitue qu’une étape et qu’il faudra sans doute envisager d’autres actions. Sans compter que nous nous trouvons confrontés au fait que nos interlocuteurs au ministère changent sans arrêt. Isabelle Fructus propose que cette lettre aborde les points suivants : le rappel des engagements de M. Roy, l’inquiétude face à l’arrivée en nombre de personnels non-titulaires du CAPES dans les CDI, la question des mentions complémentaires, la baisse du nombre de postes au Capes. L’intersyndicale mandate le bureau national de la FADBEN pour rédiger ce courrier et demander une nouvelle audience au ministère.
Compte rendu fait par Dominique Chabant à partir de celui envoyé par la Fadben.