Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Gabriel Mascaro (Brésil-Uruguay-Pays Bas)

"Rodéo" Sortie en salles le 7 septembre 2016.

Iremar, un jeune et robuste vacher, sillonne les routes du nord du Brésil avec sa famille de substitution, à bord d’une bétaillère.

Avec Garega et sa fillette Cacà, Zé et Mario les assistants, ils travaillent dans le milieu des vaquejadas, rodéos traditionnels pour lesquels ils préparent les taureaux.

Mais Iremar n’est pas seulement un vacher efficace, rodé à un travail physique.

Il rêve de devenir un jour styliste et passe des heures sur une machine à coudre à couper et assembler des tissus pour confectionner ses créations.

Cinéma : Rodeo

Deuxième long métrage de Gabriel Mascaro après " Ventos de Agosto ", " Rodéo " nous transporte dans l’univers de la tauromachie brésilienne.

Les vaquejadas, rodéos typiquement brésiliens, sont l’un des événements agricoles les plus importants et les plus populaires du pays.

Ils sont le support ici pour illustrer les transformations liées à la deuxième vague de croissance économique qu’a connue le Brésil et le film, en s’attachant à la vie quotidienne d’un groupe de vaqueiros, apporte un éclairage sur les changements socio-économiques et culturels du Brésil qui en ont découlé.

Gabriel Mascaro situe son récit dans une région où l’élevage et l’agriculture se partagent l’espace avec une industrie textile en pleine essor.

Intéressé par le monde des vaqueiros qui travaillent dans les coulisses de vaquejedas, il a rencontré le vacher qui allait lui inspirer le personnage d’Iremar et qui, comme dans le film après s’être confrontés aux taureaux, s’asseyait devant une machine à coudre pour entamer son deuxième travail.

Cette rencontre allait déboucher sur la réalisation d’un film calqué sur les deux facettes de la personnalité de son personnage principal.

A la fois un film d’action avec des moments très physiques et une chronique intimiste qui retrace, par de menus détails, la vie au quotidien d’une petite communauté de vachers et dévoile les rapports qui unissent entre eux les protagonistes, les sentiments amoureux, amicaux ou filiaux…

Une petit groupe de personnages forts et attachants qui vivent à la fois dans de vastes espaces et dans un domaine réduit à la bétaillère au cours des longs déplacements ou dans le périmètre tout aussi confiné des arènes où se passent les rodéos.

Si le film s’attache beaucoup au rituel des rodéos, il ne s’adonne jamais au côté spectaculaire de ces manifestations et Gabriel Mascaro tisse son récit avec des moments de creux narratif d’où ressort beaucoup de tendresse.et en dépit de dialogues parfois crus, une grande pudeur.

Les décors sont magnifiques. La photographie est belle et les comédiens qu’ils interprètent les rôles principaux ou secondaires sont tous remarquables.

Une réussite.

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • "La cigale, le corbeau et les poulets"
    Début 2009, des balles de 9mm accompagnées de lettres de menace parviennent à différents hommes politiques en place ainsi qu’au Président de le République de l’époque, Nicolas Sarkozy. Les lettres sont... Lire la suite (14 janvier)
  • "Fleur de tonnerre"
    Née en 1803 au sein d’une famille de cultivateurs aux revenus modestes, Héléne Gegado deviendra une des plus grandes empoisonneuses de tous le temps avec, à son terrible actif, l’assassinat de vingt... Lire la suite (13 janvier)
  • "Corniche Kennedy"
    Depuis la terrasse de la villa du riche quartier de la Corniche où elle vit avec ses parents, la lycéenne Suzanne observe et photographie un groupe de jeunes gens qui, depuis les hauts rochers de... Lire la suite (13 janvier)
  • "Jamais contente"
    Si Aurore redouble sa classe de cinquième, ce n’est pas qu’elle manque des moyens qui lui permettraient de réussir sa scolarité mais c’est parce qu’elle est rentrée dans une spirale négative qui a fait... Lire la suite (10 janvier)
  • "Vivere"
    Pendant huit ans, de 2001 à 2009, Judith Abitbol est allée filmer une octogénaire, Ede Bartolozzi, dans son village en Italie. Huit années au fil desquelles une lente détérioration physique et... Lire la suite (9 janvier)