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STI2D, programmes d’enseignement technologique : toutes les craintes sont confirmées !

La réforme Chatel

Cette réforme crée la série STI2D et rénove la série STL. En premier lieu, elle confirme l’ancrage de séries technologiques industrielles et de laboratoire... pour mieux ensuite effacer tout ce qui fait la richesse de ces formations, tout ce qui a permis à celles-ci de faire accéder aux études supérieures des élèves pour lesquels la voie générale n’était pas la voie royale.

Troncs communs et enseignements transversaux

Pour des raisons évidentes d’économies budgétaires, cette réforme réduit de manière drastique le nombre de formations proposées. Mais cette réduction s’accompagne aussi (sans compter les risques pesant sur les dédoublements) d’une généralisation de troncs communs ou d’enseignements transversaux, avec comme effet — sinon comme but — de :

  • Dissocier les savoirs généraux des savoirs et pratiques technologiques en isolant les disciplines et en déconnectant les savoirs de la série et/ou de la spécialité.
  • Dissocier les savoirs technologiques théoriques des savoirs technologiques pratiques et expérimentaux, en créant un tronc commun d’enseignements technologiques en STI2D, en créant un enseignement identique de physique-chimie pour les deux séries, en isolant cet enseignement de ceux de physique et chimie « technologique » en STL.
  • Renforcer les modes de construction des savoirs déductifs au détriment des modes inductifs.

Cette option, concevable pour des élèves parfaitement intégrés au système scolaire et universitaire, serait désastreuse avec les élèves actuellement accueillis dans les séries technologiques. Ces jeunes, le plus souvent, (re)-prennent confiance en eux et intérêt pour les enseignements généraux et ils engagent des dynamiques de réussite grâce aux méthodes pédagogiques, aux synergies entre disciplines typiques de l’enseignement technologique : les discipline ne sont pas juxtaposées mais concourent, chacune avec ses spécificités, à éclairer un même champ technologique.

Programmes pléthoriques :
cohérence douteuse pour une motivation en berne

Ces troncs communs et enseignements transversaux dans les diverse disciplines doivent répondre à la fois aux besoins multiples des différentes séries et/ou spécialités et aux spécificités de chaque discipline (par ailleurs confortée dans son splendide isolement).

Il s’en suit des programmes souvent excessivement ambitieux, quantitativement et qualitativement... ce qui se traduira probablement par un survol insipide et indigeste de notions juxtaposées, sans créer de cohérence et donc finalement sans « faire culture » !

De plus nombre de notions, parfois « pointues », abordées en fonction de telle ou telle spécialité, risquent fort de ne pas faire sens pour les élèves des autres spécialités, d’où un risque majeur de désintérêt.

C’est d’une toute autre réforme
que le lycée et les lycéens ont besoin

Les programmes, pour chaque discipline générale ou technologique, doivent être spécifiques à chaque série et/ou spécialité. Cette spécificité n’est pas contradictoire avec la définition d’objectifs communs à la discipline pour ces formations, objectifs qui peuvent être atteints par des voies différentes, par un travail sur des objets différents.

Ce qui importe c’est de faire culture autour du champ technologique de la spécialité, en s’appuyant sur de champ, et de fournir des outils qui permettent ensuite d’élargir le champ de cette culture.


Projets de programmes de la réforme STL-STI2D, pour en savoir plus :

  • STI2D — enseignements technologiques, texte du projet de programme :
PDF - 341.5 ko
Enseignements technologiques : cycle terminal STI2D

L’actualité de la réforme Chatel :

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