Réforme Chatel et STMG

STMG : OUTILS DE DECRYPTAGE ET ANALYSE

POINT 1/ GRILLE HORAIRE : COMPARAISON ET ANALYSE

1) Grilles comparative

Classe de première

AVANT : une 1ère STG

Déclinée en 2 spécialités (Gestion ; Communication) [1]

APRÈS : 1ère STMG

Une seule première STMG

DIFFERENTIEL

Heures élèves (disciplinaires et AP)

DIFFERENTIEL

Heures profs disciplinaires (hors AP)

Enseignements de spécialités (info/gestion et info/communication) 4+(4) 6 h - 2 h ­‐ 6 h
Economie-­droit 3+(1) 4 h -1 h
Management des organisations 1+(1) 2h30 +0,5 h ­‐ 0,5 h
Français 2+(1) 3 h - 1 h
Mathématiques 3 h 3 h
LV1 et LV2 5 h 4 h 30 ‐ 0, 5 h ‐ 0,5 h
Histoire-­géographie 2 h 2 h
EPS 2 h 2 h
Accompagnement personnalisé 2 h +2 h
Total heures 29 h 29 h 0 ‐ 9 h
Forfait 7 h pour effectifs réduits [2] +7 h
Total différentiel ‐ 2 h
Classe de terminale
AVANT : Une Tale STG

Déclinée en 4 spécialités (CFE ; CGRH ; GSI ; Mercatique) [1]

APRÈS : Une Tale STMG

Tronc commun + ENSEIGNEMENTS SPECIFIQUES [3]

DIFFERENTIEL

Heures élèves (disciplinaires et AP)

DIFFERENTIEL

Heures profs disciplinaires (hors AP)

Enseignements de spécialités 4+(4) 6 h - 2 h ­‐ 6 h
Economie-­droit 3+(1) 4 h - 1 h
Management des organisations 1+(1) 3h +1 h
Philosophie 1+(1) 2 h - 1 h
Mathématiques 3 h (CFE, GSI, Mercatique) ; 2 h (CGRH) 2 h - 1 h [4] - 1 h [4]
LV1 et LV2 5 h (CFE, GSI, Mercatique) ; 6 h (CGRH) 5 h ‐ 1 h [4] ‐ 1 h [4]
Histoire-­géographie 2 h 2 h
EPS 2 h 2 h
Accompagnement personnalisé 2 h +2 h
Total heures 28 h 28 h 0 ‐ 9 h
Forfait 7h pour effectifs réduits [2] +7 h
Total différentiel ‐ 2 h

Textes réglementaires : BO n° 39 du 27 octobre 2011 (Arrêté du 29 septembre 2011 )

2) Analyse

La nouvelle grille horaire reprend l’architecture de celle adoptée pour les séries générales dans le cadre de la réforme des lycées. Cette grille horaire, déjà fort contestée par la profession, est inadaptée aux spécificités de la voie technologique.

Son application en STMG entraîne :

  • Une réduction de l’horaire disciplinaire élève :
    • 2 heures d’accompagnement personnalisé (AP) en 1ère et terminale. Or, ces heures ne sont pas des heures disciplinaires telles que le prévoient les textes et ne sont donc pas rattachées aux disciplines.
    • Ces deux heures ont été « financées » par une réduction de l’horaire élèves des spécialités en 1ère et terminale qui était déjà insuffisant et avait déjà été diminué lors du passage STT/STG. : moins 2h soit 25% de l’horaire.
    • Concernant les enseignements généraux, l’augmentation de l’horaire de management en 1ère est « financée » par la perte de 0,5h en langues vivantes. De même, en terminale l’augmentation d’1h en management est compensée par la perte d’1h en mathématiques (pour CFE, GSI, mercatique) ou d’1h en langues vivantes (pour CGRH). Les horaires d’enseignement général ne sont plus renforcés en fonction des spécialités mais sont les mêmes et revus à la baisse quelque soit l’enseignement spécifique choisi.
      Cela pose un problème majeur dans l’articulation nécessaire entre enseignements généraux et de spécialités et le bénéfice à retirer de leurs interactions
  • Une réduction de l’horaire disciplinaire professeurs (compte-tenu des calculs avec dédoublements antérieurs et hors AP qui n’est pas une discipline) :
    • Diminution des heures de dédoublements et modification de leur « statut » :
      Les dédoublements ne sont plus rattachés aux disciplines mais remplacés par un « forfait d’heures à effectif réduit proportionnel au nombre d’élèves dans un rapport de 7h pour 29 élèves » que doivent se partager l’enseignement général et technologique.
      Par rapport à l’ancienne grille STG, la conséquence immédiate est la perte de 2h profs en première et en terminale (hors AP qui n’est pas une discipline).
      En cas d’effectifs supérieurs à 29, faites le calcul au prorata des heures en plus auxquelles vous avez droit le cas échéant.

POINT 2 : DES MOYENS GAGNÉS PAR UN EFFET DE STRUCTURE

La contrainte pour la constitution des groupes classes de premières et de terminales spécialisées est levée :

La mise en place d’une première commune et d’une terminale avec tronc commun + enseignements spécifiques facilité les regroupements d’effectifs. Elle sera utilisée par les chefs d’établissement pour « gagner des moyens ». La conséquence immédiate sera des effectifs encore plus chargés par division et la suppression de divisions. Cela aura nécessairement un impact sur le travail « en groupe à effectifs réduits » et le quota alloué.


Donc, une réforme qui réduit de façon conséquente les heures allouées aux enseignements en particulier, de spécialités, qui dégrade encore plus les conditions de travail et rend encore plus difficile la mise en place d’une pédagogie active et d’une démarche technologique qui passe impérativement par la maîtrise de certaines techniques.


POINT 3 : LES NOUVEAUX PROGRAMMES

Consulter l’ensemble des programmes de STMG

1) Une « pseudo consultation »

Ces programmes ont donné lieu à une « consultation » dont nous avons dénoncé les modalités. Les premiers intéressés, à savoir les enseignants, qui ont déjà énormément investis dans la précédente réforme ont eu le sentiment, justifié, que cette consultation n’était que de pure forme :

  • La « consultation » ne donnait que 3 semaines pour « réagir ».
  • Le ministère a refusé que la nouvelle grille horaire soit discutée. Elle était le pré-requis imposé dans lequel les programmes doivent « rentrer ».
  • De l’aveu même du ministère, les avis donnés lors de la consultation pouvant avoir des incidences sur la grille horaire et la nouvelle architecture de la future série STMG n’ont pas été repris.

2) Quels changements de programmes ?

Les principales modifications :

  • En première :
    La modification essentielle porte sur le nouvel enseignement « tronc commun » de sciences de gestion mis en place en première, et pour cause ! L’unification de la première imposait un enseignement commun.
    Sur le fond, le programme est formé d’une mosaïque de concepts empruntés aux différents domaines des sciences de gestion :
    • Cette configuration en mosaïque ne sera pas de nature à permettre un choix éclairé des élèves dans les enseignements spécifiques correspondant aux différents domaines. La « cohérence » d’ensemble n’est pas assurée par une cohérence de contenus mais par une cohérence d’ « affichage » de type universitaire sous la forme de questionnements renvoyant à des problématiques fort ambitieuses comme choix d’entrée dans le programme.
    • Ce faisant, le programme est perçu comme étant illisible et très théorique pour les collègues qui n’en comprennent pas la logique d’ensemble et encore moins le sens à lui donner dans les apprentissages auprès des élèves.

Alors que cette discipline s’est construite à partir des pratiques, le choix n’a pas été fait de construire le programme dans cette logique. La réponse qui nous a été faite était qu’il fallait se démarquer de la voie professionnelle !


  • En terminale :
    Les enseignements du bloc technique, spécifiques et transversaux, reprennent les contenus antérieurs, pour certains avec quelques actualisations à la marge sauf pour SIG qui adopte une logique mettant les systèmes d’information au centre des apprentissages. Après le tollé de réactions des professeurs de GSI concernant la première mouture qui « évacuait » tout ce qui faisait l’attractivité de ce programme, ce programme est le seul à avoir été réellement modifié après consultation afin de réintroduire quelques notions essentielles liées à la démarche technologique.

D’une façon générale, les contenus définis lors de la dernière réforme de 2006 étaient beaucoup plus conceptuels et avaient déjà demandés énormément d’investissement de la part des enseignants. Tous se sont accordés à dire que ce n’est que dans le cadre d’une démarche active et technologique qu’ils ont pu leur donner sens auprès des élèves et que cela demande du temps. La démarche technologique, qui permet le recul nécessaire sur les techniques utilisées pour aboutir à l’analyse et la conceptualisation suppose la maîtrise de certaines techniques. Or, ce pré-requis n’est pris en compte ni dans les programmes, ni dans les moyens alloués. L’horaire élève, qui était déjà insuffisant est encore réduit, de même que l’assurance de travailler en effectifs réduits acceptables !


POINT 4 : LES EPREUVES

1) La position du Conseil Supérieur de l’Education (CSE)

  • Une méthode inacceptable sanctionnée par un vote majoritaire contre.
    La FSU avec le SNES a défendu la série en développant l’ensemble des critiques faites sur cette réforme lors des deux séances qui ont traitées des programmes et de la grille horaire des épreuves.
  • Ont été soumises au CSE uniquement les listes d’épreuves avec leur coefficient, nature et durée sans la définition des épreuves ! Nous avons émis de vives protestations quant à la réponse qui nous avait été faite de renvoyer à une simple note de service cette question cruciale.
    Nous avons obtenu un vote défavorable de cette instance sur les 2 questions des programmes et des grilles d’épreuves. C’est une bataille de gagnée qui montre de façon visible l’opposition de la profession à une telle réforme.
    Un passage en force, après celui fait pour STI2D, n’a pu que conforter l’image de mépris que l’ancien ministère portait à la profession.
    Dans le contexte actuel de « refondation de l’école » et de la nouvelle loi d’orientation, la mobilisation des enseignants est déterminante afin que nous soyons enfin entendus !

Consulter la grille des épreuves : arrêté du 30 janvier 2012 modifiant l’arrêté du 15 septembre 1993.
Consulter les règlements d’examen.

2) L’épreuve anticipée d’étude de gestion de première  :

Nous avons rappelé notre opposition à la validation de cette épreuve par le professeur de la classe et rappelé notre attachement au principe de l’épreuve ponctuelle anonyme.
Lors d’une audience avec le doyen de l’inspection générale, nous avons en particulier demandé que soit revu le déroulé de cette épreuve

Epreuve anticipée d’étude de gestion : consulter la Note de service n° 2012-075 du 26/04/12 au du BO N°21 du 24 mai 2012

3) A ce jour, la définition des épreuves de terminale n’est toujours pas connue !

Sur l’ensemble de ces questions, nous sommes intervenus auprès du doyen de l’inspection générale d’économie-gestion qui nous a apporté quelques réponses.

Consulter le compte-rendu de cette audience

Sylvie Obrero


Autres articles de la rubrique Réforme Chatel et STMG