Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film d’Ivan Mora Manzano (Équateur)

"Sans automne, sans printemps" Sortie en salles le 1er juin 2016.

"Sans automne, sans printemps" dresse, à travers les méandres de la vie de quelques jeunes gens appartenant à la classe moyenne de la ville de Guayaquil en Équateur, le portrait d’une génération qui vit dans l’errance et le désenchantement.

Le film consiste en un enchaînement d’histoires non linéaires qui ont des liens entre elles et où les différents protagonistes se croisent soit à l’intérieur du fonctionnement des couples soit à la périphérie des histoires amoureuses.

Lucas, l’étudiant en droit qui croit en ses propres utopies qu’il nomme "anarchie de l’imagination" est devenu dépendant aux somnifères.

Paula vend des comprimés de drogue à travers la ville. Elle a été très atteinte par l’absence de son père et par son expérience de la douleur.

Il reste peu de temps à vivre à Antonia quand Martin, son ex, revient à Guayaquil après huit ans d’absence en compagnie de Gloria, sa nouvelle fiancée.

Il va se créer un triangle amoureux dont personne ne connaît les limites.

Rafa, un jeune entrepreneur auquel tout pourrait réussir déteste son travail et s’apprête à clore sans ménagement sa relation avec Anna qui développe une attraction obsessionnelle pour ses voisins Sofia et Manuel au point de manipuler leur relation.

Cet enchevêtrement d’intrigues est à la fois une fresque sur le bonheur, l’insoumission, l’évasion l’amour, le portrait d’une génération et celui de la ville de Guayaquil pour laquelle, sans doute parce qu’il y a grandi et vécu, Ivan Mora Manzano montre un fort attachement.

Il y filme les lieux et, au fil des intrigues, les atmosphères, d’une caméra fluide et "caressante".

Cinéma : sans automne ni printemps

Quant à la construction du film, elle jongle dans une grande fluidité avec les relations directes ou périphériques entre les protagonistes et une suite de narrations souvent tronquées comme inabouties. Un parti pris agréablement frustrant qui laisse au spectateur le champ libre pour combler les vides et les ellipses.

Une scène dans le film montre un enfant récupérant dans l’eau courante d’un caniveau les pièces d’un puzzle grâce auxquelles il reconstitue partiellement un portrait.

Ce moment reflète parfaitement l’œuvre d’Ivan Mora Manzano qui déroute parfois, dont on ne sait pas au cours de la projection dans quelles dispositions on en ressortira à son égard.

Mais une sorte de magie se produit de façon souterraine. Elle opère le collage de séquences qui apparaissaient disparates et peu propices à composer un vrai récit et qui pourtant, distille un trouble léger et persistant .

Il est rare de voir sur nos écrans, un film équatorien. Celui-là plaira aux spectateurs friands de films hors des sentiers battus dont la singularité est qu’elle laisse le spectateur à mi-chemin entre plaisir et frustration…

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • "Personal shopper"
    Maureen, une jeune américaine, est venue vivre à Paris à la suite de la mort de son frère auquel elle était très attachée. Pour subvenir à ses besoins, elle a pour mission de s’occuper de la garde-robe... Lire la suite (10 décembre)
  • "Carole Matthieu"
    Médecin du travail dans une entreprise aux techniques favorisant le rendement au détriment de l’individu, Carole Matthieu soucieuse du bien-être des employés, tente en vain d’alerter sa hiérarchie sur... Lire la suite (5 décembre)
  • "La danse des accrochés"
    Vincent vient de passer vingt-trois années en prison pour l’assassinat d’un homme qui avait humilié son père. Il a obtenu pour les dix mois qu’il lui reste à purger, un aménagement de peine sous le... Lire la suite (4 décembre)
  • "Baccalauréat"
    Roméo, médecin dans une petite ville de Transylvanie, nourrit des ambitions pour les futures études de sa fille. Il a mis tout en œuvre pour qu’elle puisse intégrer une université anglaise prestigieuse... Lire la suite (4 décembre)
  • "Algérie du possible"- La révolution d’Yves Mathieu.
    En recueillant les souvenirs de ses anciens compagnons de combat, le film de Viviane Candas suit le parcours d’Yves Mathieu anticolonialiste en Afrique Noire avant de devenir un des avocats du... Lire la suite (3 décembre)