Santé

Santé : un panorama de l’OCDE

Si les pays de l’OCDE progressent de manière importante, les situations peuvent être très contrastées, et des éléments d’inquiétude nouveaux apparaissent, tandis que les dépenses de santé sont toujours plus élevées

L’espérance de vie a progressé partout ; en France elle est certes l’ un des fleurons du système, (83 ans pour les femmes, 76 ans pour les hommes, et 79,4 ensemble)mais nous ne sommes pas les meilleurs, le Japon, l’Islande,l’Espagne, et la Suisse faisant mieux. La surmortalité masculine entre 15 et 44 ans est en cause (rappelons que l’espérance de vie d’un ouvrier est de 7 ans inférieure à celle d’un cadre, et la santé au travail reste un parent pauvre), la consommation d’alcool, avec 13 litres par an et par personne) et de tabac, où la consommation a diminué mais où la proportion de fumeurs quotidiens est supérieure aux autres états, reste également préoccupante et pèse sur la mortalité.
Les taux de mortalité infantile, qui sont un bon indicateur des effets des conditions socio-économiques et de l’efficacité du système de santé, ont également fortement régressé, le Portugal étant l’exemple le plus caractéristique puisqu’il a diminué de 90% depuis les années 70 ; le taux français est de 3,9(2,4 pour l’Islande, seuls la Turquie et le Mexique gardent des taux très élevés de plus de 20 pour mille)

Les dépenses sont importantes : en 2003, les états de l’OCDE ont consacré en moyenne 8,8% de leur PIB à la santé (5% en 1970) mais des différences significatives apparaissent entre les états.. Elles tiennent à l’organisation des systèmes, aux arbitrages politiques entre les différentes dépenses, mais aussi aux politiques menées en matière de prévention, de diagnostic et de traitement des maladies ; le vieillissement de la population contribue partout à cette croissance.
Dans la plupart des pays de l’OCDE, c’est la dépense « publique » qui absorbe l’essentiel des coûts, même aux Etats –Unis, où le secteur privé joue pourtant un rôle déterminant.
Les dépenses totales de santé ont représenté en France 10,1% du PIB en 2003, au dessus de la moyenne de l’Ocde. Par habitant, elle est également au-dessus mais toujours derrière les Etats unis ; la part publique s’élève à 76,3% des dépenses (72,1% pour l’OCDE)
De nombreux pays de l’OCDE vont être confrontés dans les années à venir à une pénurie de médecins ou de personnels médicaux plus généralement, notamment infirmiers.
La France compte 3,4 médecins pour mille habitants (2,9 en moyenne OCDE), mais seulement 7,3 infirmières par milliers d’habitants. Le nombre de lits d’hôpitaux est en régression comme dans les autres états,il est lié à la diminution de la durée des séjours et à l’augmentation du recours à la chirurgie de jour,ce qui interroge sur les choix de santé et met en évidence la part grandissante du secteur privé. Si tous les états ont amélioré leur recours aux technologies médicales pointues, la France n’est pas très bien classée, en dessous de la moyenne de l’OCDE et très loin du Japon, sauf en ce qui concerne les appareils de mammographies.
La consommation de médicaments en France (2eme derrière les Etats-Unis, mais 1ere pour la prise en charge collective de cette dépense) est très élevée,sans que, les chiffres le montrent, notre santé soit meilleure.

Mais tout n’est pas lié à l’organisation du système et à la technicité des soins, beaucoup se joue en lien avec les déterminants sociaux de santé et le mode de vie, d’où la nécessité de politiques de prévention,pour laquelle la France est très en deça des besoins(moins de 4% des dépenses y sont affectées).
Enfin si les progressions sont importantes sur certains plans en terme de risques évitables diminution de la consommation de tabac par exemple, qui est la 2eme cause de mortalité dans le monde) d’autres risques sanitaires évoluent de manière inquiétante comme l’obésité, puisque 10 pays de l’OCDE,des Etats-Unis à la Grèce,en passant par la Hongrie ou le Royaume -Uni, comportent 50% d’adultes en surcharge pondérale(dont 30 % d’obèses aux Etats-Unis,23% au R.U !.. En France le taux d’obésité est de 9,4% chiffre élevé, mais bien inférieur. L’obésité, directement liée à l’alimentation et au mode de vie, présente des risques élevés de maladies chroniques,et les prochaines années devraient en voir les conséquences.
Des variations importantes donc au sein des pays de l’OCDE, mais qui peuvent être parfois moins importants que les écarts entre les régions d’un même pays.
Elizabeth Labaye

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