CLET

Sciences expérimentales : que savent les collégiens ? (US du 2/02/09)

La DEEP (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance) a procédé, en 2007, à une évaluation des acquis des élèves en sciences expérimentales en fin de Troisième, donc sur les anciens programmes.

Ce type d’évaluation-bilan a pour objectif « d’éclairer le fonctionnement du système éducatif : établir un constat des connaissances et des compétences, des motivations et intérêts des élèves à l’aide de questionnaire d’opinion, décrire les contextes de l’enseignement ». À l’heure actuelle, le questionnaire de contexte (type d’établissement, données socio-économiques, langue parlée...), remis en cause lors de la passation à cause d’utilisation abusive possible, n’a pas été dépouillé.

La mesure concerne le taux de réussite des élèves à des questions portant sur les programmes du collège, réparties en quatre catégories : « restituer des connaissances », « mobiliser des connaissances en situation », « pratiquer une démarche scientifique », « exploiter et exprimer des données, des résultats ». La méthodologie est proche de celle mise en oeuvre dans l’évaluation PISA. Selon leurs résultats, les élèves sont répartis en six groupes de compétences, classés de 0 à 5, le groupe 0 ayant les acquisitions les plus faibles. Par construction du modèle employé par la DEEP, 15 % des élèves sont dans les groupes 0 et 1, et 10 % dans le groupe 5.

Les questions posées aux élèves n’étant pas publiées pour la plupart (car devant être réutilisées dans six ans pour une nouvelle session de l’enquête), seuls sont disponibles des résultats globaux, dont l’interprétation n’est pas simple. Destinée aux décideurs, l’étude ne permet pas de dépister en finesse les points de blocage didactique, c’est dommage.

Globalement, les élèves en difficulté le sont dans toutes les compétences évaluées. Mais ils sont aussi en situation de réussite dans la partie manipulatoire des épreuves pratiques. Leurs connaissances restent essentiellement centrées sur la vie quotidienne. Pour les meilleurs (groupes 4 et 5), même des connaissances dont on s’attendrait à ce qu’elles soient bien maîtrisées par tous (digestion, tectonique des plaques en SVT) posent encore des problèmes (voir graphique ci-dessous). La notion de « témoin » n’est pas acquise par la moitié des élèves. Les programmes de Sixième et surtout de Cinquième sont mieux acquis que les autres.

Quel enseignement des sciences mettre en place pour permettre à tous de réussir ? Quel lien avec les conditions de travail alors que les conditions de travail en collège se durcissent (effectifs, matériel disponible, public accueilli), mais aussi avec la formation initiale et continue ? L’exploitation du questionnaire de contexte manque pour y voir plus clair. Simplifier les programmes comme ils l’ont été suite à l’harmonisation avec le socle ne nous apparaît pas comme la bonne solution : définir des « fondamentaux » ne suffit pas à permettre les apprentissages. Selon le ministère, les élèves des groupes 0 et 1 de cette étude n’auraient pas validé le pilier 3 du socle commun. Peut-être faut-il y voir la raison pour laquelle la note officielle de la DEPP sur cette enquête n’est toujours pas parue...

Valérie Sipahimalani, Marc Hazart

Deux diaporamas de la DEPP sont en ligne sur www.snes.edu (cliquer sur pavé vert : disciplines, puis colonne de droite observatoires, et actualités).

Construction du concept de digestion au collège
Les élèves avaient le choix entre quatre réponses : la digestion est un broyage (A), elle se fait sous l’action d’enzymes (B), c’est un phénomène mécanique et chimique (C, bonne réponse), elle consiste en une liquéfaction (D).
Lecture : en fin de collège, dans le groupe 0 (élèves en grande difficulté), 30 % des élèves pensent que la digestion est seulement un broyage.

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