Actualité solidarités internationales

Scolariser les jeunes réfugiés en Allemagne

Depuis quelques années, la GEW principal syndicat de l’éducation allemand s’est saisi de l’importante question de la scolarisation des réfugiés, en travaillant sur tous les aspects de leur intégration.

Venus du Kosovo, de Libye de Tunisie, d’Afghanistan et dernièrement de Syrie, environ un million de réfugiés sont arrivés en Allemagne en un an, dont le tiers en âge d’être scolarisés. À l’automne 2015, la GEW a organisé à Berlin une conférence sur les questions de migrations dans l’éducation afin de définir les mesures à prendre et les besoins de financement. « Cette conférence a été préparée au plus haut niveau du syndicat, par notre présidente et notre comité fédéral des affaires multiculturelles, où sont représentés les différents Landers » nous explique Martina Schmerr, conseillère syndicale à la GEW.

Celle-ci a débouché sur un manifeste intitulé Bildung kann nicht warten ! (l’éducation ne peut pas attendre), contenant des recommandations qui concernent tous les niveaux de l’éducation. De nombreux points y sont abordés : enseignement de l’allemand comme langue étrangère ou seconde, recrutement d’enseignants et de personnels supplémentaires dans les écoles, formation spécifique des personnels qui ont en charge les élèves réfugiés, mise en place de classes d’accueil à effectif réduit, … Si les enseignants du pays ont été plutôt favorables aux actions envisagées, un nombre croissant de la population, surtout influencée par un parti populiste, est opposée à l’accueil des réfugiés. La GEW a participé à l’information de l’opinion publique afin de déminer la peur irrationnelle des réfugiés et a oeuvré sur le plan juridique pour sécuriser les titres de séjour. Le syndicat répond aussi aux questions que se posent les personnels et agit sur le terrain pour mettre en place les recommandations. « Nous préconisons de scolariser les jeunes le plus tôt possible après leur arrivée en Allemagne, mais il subsiste des obstacles administratifs dans certains Landers, qui retardent les choses » nous dit Martina. Elle ajoute que le travail en équipe est important, incluant assistance sociale et prise en charge psychologique. « Le problème aussi est que certains jeunes restent trois mois ici, trois mois là, ou rentrent dans leur pays, c’est à prendre en compte dans l’élaboration de notre programme éducatif. »

La réflexion se poursuit, par exemple sur la reconnaissance des compétences des réfugiés enseignants pour leur permettre de trouver un emploi.
C’est donc une action de longue haleine que la GEW a menée, loin d’être terminée, qui prouve le dynamisme et l’utilité du syndicalisme, bien en phase avec ses valeurs fondamentales.

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