CNEH, UNNOH (HAITI)

Soutien à l’UNNOH

En février le SNES a soutenu un colloque sur l’école publique en Haïti. Au mois de mai, après une série de colloques régionaux, le SNES a soutenu et participé à un colloque national sur la condition enseignante en Haïti.

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A cette occasion, le SNES a interrogé Josué Mérilien, responsable du l’UNNOH.

La lutte des enseignants haïtiens pour leurs conditions de travail

SNES Qu’est-ce que l’UNNOH ?

J. M. L’UNNOH fait partie d’une confédération, la CTSP**, elle-même
affiliée à l’Internationale des Services Publics (NDLR : une démarche
d’adhésion de la FSU à l’ISP est en cours). L’UNNOH compte des
militants dans tous les départements du pays, et nous visons
maintenant une extension de notre présence dans les zones rurales.
C’est un syndicat de lutte, qui a conduit des mobilisations
importantes, comme par exemple en 1995, quand trois semaines de grève
ont permis d’arracher une hausse des salaires de 120%, au lieu des 30%
prévus initialement. Malheureusement, trop peu d’enseignants
consentent à s’acquitter de leur cotisation, ce qui limite nos
capacités d’action.

SNES Justement, quelles sont les actions de l’UNNOH ?

J. M. En mars 2010, trois mois après le tremblement de terre, nous
avons organisé un forum international « quelle Education, quel Etat,
pour quelle société » ; les recommandations qui en issues ont été
diffusées en 5 langues. A partir de septembre, nous avons lancé une
grande campagne auprès de l’opinion publique pour promouvoir l’Ecole
pour tous, campagne malheureusement stoppée par la mort d’un militant,
tué par un tir policier lors d’un sit-in devant le ministère. En mars
dernier, deux journées de débat sur la condition enseignante ont eu
pour objectif d’interpeller les candidats à l’élection présidentielle.

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SNES Quelle est la situation des enseignants, aujourd’hui, en Haïti ?

J. M. Catastrophique. Les salaires, extrêmement bas (NDLR : 170€ par
mois environ), contraignent de nombreux enseignants à exercer une
activité complémentaire. Du fait de cette précarité, ils sont mal
considérés par l’opinion publique. Les conditions de travail sont
difficiles, avec très souvent une centaine d’élèves par classe ; les
infrastructures et le matériel scolaire font également gravement défaut.

SNES Quelles sont les revendications de l’UNNOH ?

J. M. Nous exigeons que les enseignants disposent enfin d’un véritable
statut, ce qui n’est pas encore le cas. Par ailleurs, pour faciliter
l’accès de tous les enfants à l’école gratuite, il faut commencer par
développer l’Ecole publique, qui aujourd’hui ne représente que 10% des
écoles. Il faut donc recruter massivement des enseignants, ce qui
nécessite de renforcer l’attractivité du métier. Dans le même temps,
il est également indispensable d’améliorer la formation des
enseignants, pour une Ecole de qualité.

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SNES Le nouveau président, dans son discours d’investiture, a évoqué
la question de l’Education. Votre réaction ?

J. M. Le Président a promis l’école gratuite pour tous. Nous ne
pouvons qu’y souscrire, mais nous sommes inquiets qu’il n’ait jamais
prononcé le mot « enseignant ». Comment compte-t-il atteindre cet
objectif, c’est là toute la question ! Nous allons nous adresser
rapidement à lui pour lui porter les revendications issues de ce
colloque, et utiliserons également la journée mondiale des
enseignants, le 5 octobre, pour populariser nos demandes.

Propos recueillis par Florian Lascroux
florian.lascroux@snes.edu

* Union Nationale des NOrmaliens d’Haiti
** Confédération des Travailleurs du Secteur Public et Privé

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