Témoignages 2007-2008

Témoignages 2007-2008

QUELQUES TEMOIGNAGES PARMI CEUX QUE LE SECTEUR NON-TITULAIRES A REÇUS DEPUIS LA RENTREE 2007 :

Bonjour,

Je suis enseignant contractuel depuis mars 2001, je n’ai pas pu
bénéficier du CDI parce que le rectorat de Versailles a interrompu mon
contrat l’année de ma sixième année donc, selon eux, il me manquait trois
semaines pour avoir le CDI (ça veut dire que le rectorat m’a appelé le 11
novembre alors qu’il fallait commencer au plus tard le 15 octobre) et, le
comble, le compteur tombe à zéro. Mon cas n’est certes pas unique puisque je
connais des collègues qui eux étaient maîtres auxiliaires garantis d’emploi
et se trouvent actuellement avec un CDI et personne n’en parle.

Bonjour,

C’est avec une lueur d’espoir que je vous écris. Comme nombre de mes collègues, je suis aujourd’hui dans une situation des plus précaires, ayant le « statut » de contractuel. Je suis professeur d’anglais en LP, j’ai 31 ans. Enseignant en France depuis deux ans, mon parcours m’a amené à être assistant de français en Angleterre, puis de passer l’équivalence du CAPES (PGCE, Post Graduate Certificate of Education) et enfin d’enseigner dans ce même pays durant quelques années (un séjour de plus de quatre ans en Angleterre et trois villes : Doncaster, York et Cambridge). Crédule sans doute, mais convaincu de l’apport et des bénéfices d’un séjour à l’étranger (en tant que futur enseignant d’anglais en France), long et enrichissant, je pensais, à l’époque, que mes choix et mes sacrifices seraient stratégiques et...reconnus !
Il n’en est rien.

Je fais mon métier avec conviction, amour et passion. J’ai été inspecté au mois de février dernier, j’exerce ma profession tout autant qu’un certifié ou comme beaucoup de mes collègues qui ont eu la chance de bénéficier de lois éphémères, comme la loi Sapin, leur assurant si ce n’est un concours, tout au moins une sérénité...et une perspective d’avenir : une condition "normal" d’être humain ! (se nourrir, avoir une famille et faire des projets sur le long terme)

Sérénité, nous nous devons, en tant qu’enseignant, de véhiculer une image positive et optimiste auprès de nos élèves...Que faire lorsque notre sérénité s’effondre à l’aube de chaque jour, ne sachant pas si le lendemain, malgré notre travail et notre abnégation, notre conviction et notre intégrité au sein d’un corps merveilleux qui est celui de l’éducation, nous allons ou pas pouvoir continuer à exercer notre profession.

Je prépare mes séquences de travail avec attention et réflexion. J’ai complètement changé mes plans de formation afin de tenir compte des remarques et des conseils de mon inspectrice. Tout l’été, j’ai travaillé, parfois frénétiquement, et toujours avec assiduité...et dire que tout ce travail n’a aucune valeur, aucune reconnaissance...et dire que demain, tout ce travail et la réflexion que je mène sur ma démarche pédagogique, ma remise en question perpétuelle, et sans parler des frais personnels que j’engage pour mes élèves et pour ma formation personnelle , oui dire que tout cela peut s’effondrer et tomber dans un marasme des plus total !!!

Je terminerai en mentionnant que j’ai 31 ans, que je vis toujours chez mes parents et que je conduis un véhicule de plus de 240 000 km, que je suis célibataire !!!...mais pas encore paria !!! (pour ne pas tomber dans le pathos, je ne mentionnerai pas mon salaire...)

Je ne sais pas si vous pourrez me conseiller, m’aider ou m’orienter.

Bien à vous,


Bonsoir,

Je suis professeur contractuel depuis 6 ans. Comme chaque année, la rentrée est difficile. J’ai appris qu’il n’y avait pas de postes à l’année. Des postes de suppléances sont à notre disposition. Pour l’instant, je patiente et j’attends que le rectorat m’appelle. Cette situation est épuisante d’autant plus que je suis à la recherche d’un appartement. J’ai appris qu’il était possible d’obtenir un CDI selon le nombre d’années travaillées. Pourriez vous m’éclairer à ce sujet.

Merci d’avance.

P.L.

Lille

Je vous adresse ce mail pour vous informer des pratiques odieuses exercée contres les personnes dans la difficulté simplement du fait qu’elles soient au chômage ou du manque tragique de logements sociaux.

C’est une véritable chasse à courre contre les pauvres qui est lancée, et dont les chiens sont les huissiers, pas moyens de faire entendre sa voix, les tribunaux sont sourds à la réalité de la situation malgré l’évidence.

Résultat, des centaines de personnes se retrouvent à la rue, sans solution de relogement.
Voici mon exemple personnel, mais les associations citées plus bas et qui tentent courageusement d’endiguer seules les ravages exercés par les pratiques scélérates du Préfet envers les accidentés de la vie, sont dépassées par l’ampleur des exactions et la maire de Lille regarde avec impuissance la curée qui s’exerce sur ses citoyens les plus fragiles.

Merci d’agir !!!

Cher M. ,

Je m’adresse à vous pour exposer ma situation tragique et solliciter votre aide.

Ancien professeur principal contractuel à l’Éducation National, formateur d’adulte, j’ai été victime depuis le début de ma mise sur le marché de l’emploi de la plus grande précarité et de manquements graves dans les versements de salaires par le Rectorat de Lille, la délivrance des attestations employeurs, documents permettant de percevoir les allocations dues etc...
Résultat une situation catastrophique à laquelle est venu se greffer une séparation brutale. Ce qu’on appelle les accidents de la vie.

Tout ceci me conduisit à un état de surendettement (non de consommation) manifeste et de bonne foi.
Je suis suivi par : l’association B.
Les absences de paiement du rectorat ont profondément dégradé mes relations avec mon propriétaire M. H.C et l’agence qui me loue l’appartement que j’occupe encore.

Ce ne fut que menace, procès, saisies illégales de mes indemnités chômage, blocage de compte, coupure d’électricité, arrachage des câbles du téléphone, tentative de vente forcée de mes maigres biens etc...
Dès le départ (12.2003), j’ai fait pourtant une demande de plan d’apurement en vue de l’obtention du FSL maintien instruite par l’organisme OSLO, plan qui fut catégoriquement refusé par mon propriétaire.
Actuellement bénéficiaire du RMI malgré mes recherches actives d’emploi, j’ai la plus grande difficulté à me reclasser car les diplômes ne correspondent pas au marché de l’emploi en dépit de mes expériences nombreuses et riches.

Il n’y a aucune possibilité pour que je bénéficie d’un plan de formation me permettant de changer de branche, les crédits étant supprimés, sachant que le montant de mon RMI est de 387 euros je ne peux financer aucune formation. (J’ai fait un bilan de compétence approfondie).
Depuis que je suis bénéficiaire du RMI je ne peux plus assumer mon loyer qui est de 602 euros charge comprise (petit F2 de 60 m2 prit alors que j’étais en couple), les retards de loyer m’excluent d’office de toute demande auprès des services HLM qui en outre ne disposent d’aucun logement à court terme.
Je ne puis donc rester dans ce logement car il est trop cher mais je ne peux pas le quitter non plus car je n’ai pas de solution de relogement.

Je bénéficie du FSL (Fond Solidarité Logement) actuellement mais toutes les agences refusent de prendre en compte cette aide qui semble nous stigmatiser comme "cas social" demandant en supplément un ou deux garants !!!

Les propriétaires particuliers refusent la plupart du temps d’agréer ces aides en raison du temps de garantie (18 mois pour un bail de trois ans minimum...) et du manque de confiance dans notre situation et dans celle de la société.

Les logements correspondants au loyer maximum qui m’est définit par les règles du FSL (350 euros) sont inexistants en raison de la flambée importante des loyers.
J’ai usé de mon droit après du juge de l’exécution pour obtenir un délai à mon expulsion valide à partir du 30.9.2007 malgré mes efforts quotidiens sous la houlette du G.R.A.A.L de Lille.

Le juge n’a pas voulu prendre en compte la situation très grave concernant la crise du logement. Vous êtes mon dernier recours, les huissiers véritables barbouzes de lois scélérates, peuvent intervenir d’un moment à l’autre, de manière simple (c’est déjà fait) puis ensuite avec le concours de la force publique. Je me retrouverais donc à la rue n’ayant pas d’endroit ou vivre, solution outrageante qui est inacceptable et que je me refuse de subir.
J’aimerai mieux "bénéficier du concours de la force publique" pour m’en sortir plutôt que pour me détruire, en broyant ma vie, ruinant tous les efforts accomplit avec les associations qui m’entourent et me soutiennent et empêcher la tragique issue qui se dessine dans un horizon très proche.
Quel pays s’honorerait de traiter la pauvreté par le fil de l’épée ???
Quel son vos moyen d’action et de pression pour faire cesser cette chasse aux pauvres dont se délecte le huissiers barbouzes.
Dans les autres pays européens les formations sont proposées pour permettre aux citoyens de rebondir, les logements sont accessibles et les gens ne sont pas abandonnés sans ressources et sans espoir. Cette situation est indigne du pays des droits de l’homme.

Merci de votre intervention rapide,

Je ne peux même plus me défendre et faire appel car on me dit que je serais condamné au titre de l’article 700 à payer 800 euros somme que je n’ai pas !!

Pareil pour les retards de paiements du Rectorat c’est le tribunal administratif avec 4-5 ans de procédure, ils nous le disaient en riant au rectorat quand on réclamait nos sous.

Pouvez vous intervenir pour bloquer l’expulsion et me laisser le temps de trouver une solution de relogement ??? Faire cesser cette guerre que l’on me mène tout simplement pace qu’il n’y a plus de logements sociaux ou a loyer modérés ???

Je compte sur vous, votre savoir faire et sur votre équipe pour montrer du doigt le traitement injuste des accidentés de la vie qui ne demande qu’à rebondir, il suffit de les laisser vivre.

Respectueuses salutations

P. L.

Sujet :
lettre monsieur le président de la République

Monsieur le Président,

Je suis non titulaire de l’éducation nationale depuis six ans et vous m’avez oubliée.
J’aime mon métier et ne veux en envisager un autre, les arts plastiques sont une discipline particulièrement difficile à enseigner et demande une grande ouverture d’esprit.
Pour la deuxième année je ne ferais pas la rentrée et devrai encore une fois faire des remplacements loin de chez moi, dans des conditions toujours inconnues jusqu’au jour J (s’il y en a un).
Ma motivation s’étiole, cette non reconnaissance me fait perdre confiance, moi qui ai toujours défendu l’éducation nationale, aujourd’hui je n’ai plus d’argument pour le faire.
Je travaille évidemment le CAPES mais le peu de poste offert me laisse peu de chance.
Monsieur le Président croyez au professionnalisme des non titulaires, reconnaissez nous comme de véritables enseignants, ne nous laissez pas au chômage.
Sincères salutations
H.A

Auxiliariat : témoignage

Après 13 ans d’une exploitation (je passe du collège au lycée. Je fais autant que tout certifié,.j’ai fait passer des oraux de bac de français,… tout cela pour un salaire pour lequel je déduis tous les frais d’essence et autres. Donc à quand une titularisation ?
Je pense avoir fait mes preuves, avoir parcouru de long en large notre belle région ! A bientôt 42 ans, je suis chaque mois à découvert.

Il serait temps de mettre fin à cette exploitation. J’ai, me semble-t-il, largement payé mon attachement à la région.

Comment s’épanouir, s’impliquer, quand chaque année nous devons changer d’établissement ?
Une compensation : nous n’avons même pas, comme tout TZR, les frais de déplacement payés. Nous n’avons même pas leur salaire.
Ma carrière : nous sommes des escargots, 13 ans et seulement au 3ième échelon.
Tout cela est honteux.
J’avoue aimer mon métier, mais être gagné par une profonde tristesse et fatigue face à cette non reconnaissance.

A l’heure où l’on revendique l’augmentation du pouvoir d’achat, je vous lance un SOS… Celui d’une vacataire en détresse …

Professeur vacataire de musique depuis septembre 1992 dans différents collèges des Landes, je n’ai vu guère d’amélioration dans ma vie professionnelle, bien au contraire ! Après tant d’années de bons et loyaux services, je me sens toujours seule dans mon « combat » contre l’injustice et la non reconnaissance de mon travail (que j’adore).

Ayant malheureusement échoué à l’oral du CAPES interne (j’étais la seule vacataire à me présenter à chaque fois), je porte toujours le fardeau des vacations…

Je travaille dans un collège de M. ; j’ai remplacé une collègue pendant 3 semaines (avant les vacances de la Toussaint) puis une autre depuis le mois de novembre 2007 et le Rectorat m’a offert un très beau cadeau pour Noël….. : le non paiement de mes salaires (novembre et décembre). Un « nouveau » système d’envoi des heures a été instauré : les dates « butoirs ». Chaque établissement a le devoir d’envoyer les heures des vacataires selon les dates fixées par le Rectorat de Bordeaux.

J’ai mené ma petite enquête (et Dieu sait combien j’en ai menées seule) ; la date limite d’envoi des heures pour le mois de novembre était fixée au 13 (novembre) !! Or, je n’ai repris du service que le 19 novembre ! L’établissement, où je travaille, a envoyé mes heures de novembre et de décembre le …. 20 décembre.

Je pointe chaque mois à l’Assedic (même si je n’ai aucun droit … (pourtant …. les vacataires sont de droits privés, non ?)) ; j’ai la « chance » de percevoir une allocation pour perte d’emploi (versée par le Rectorat) (là aussi, peu de vacataires sont informés)… J’ai donc déclaré mes heures et fait une estimation de ce que j’aurais du percevoir pour novembre et décembre ….et je n’ai touché qu’une infime partie de mon allocation. Je me trouve dans une situation financière très difficile et pourtant …. je continue à me rendre au collège (à mes frais) puisque j’ai signé un contrat.

Je suis usée physiquement et moralement à cause de ce statut ; les établissements nous jettent comme des mouchoirs en papier souillés. Nous ne sommes pas reconnus et pourtant …..
J’ai l’intention de me reconvertir … mais là aussi, je rencontre des obstacles. Je n’ai droit à RIEN ; pas de formation rémunérée (j’ai une famille à nourrir), pas de congé de formation ………. Je vais d’atelier en atelier … et ma conseillère ANPE m’a enfin avoué que ma situation était plus que complexe :

• étant vacataire je n’ai jamais touché l’Assedic

• je suis maintenant trop « vieille » (38 ans bientôt) ou trop jeune (pas encore 50 ans).

• quand je demande de l’aide, je me retrouve toujours entre le Privé et le Public.

• …………..

Je me tiens à votre disposition pour vous témoigner de ma grande détresse de vacataire endurcie (bien malgré moi).


Bonjour,

Je vous ai écrit le 10/04/2008 et je vous remercie pour votre réponse :
je me suis sentie exister.

Seulement, mon problème est toujours le même et il s’est aggravé :
depuis déjà un mois je ne touche plus aucun argent des ASSEDIC (cellule
are rectorat de Bordeaux).

Il y a plein d’annonces - offres d’emploi de vacataires pour la
prochaine rentrée et je postule à tout ce qui peut me concerner.

Aujourd’hui âgée de 48 ans, je ne fais pas la difficile et suis très
heureuse de pouvoir obtenir un entretien d’embauche.
Le dernier en date (vacataire 4 h dans un collège proche de mon
domicile), l’entretien s’est bien passé et ce pauvre principal me disait
qu’il était assailli de demandes (une centaine en lettres modernes pour
un poste de vacataire de 6 heures !).
Le matin du 11 juillet : entretien et l’après - midi à 14h30 il me téléphone pour me signaler
qu’il me préfère un étudiant qui n’a jamais enseigné !

Je suis inquiète, je "fais " encore "jeune" malgré mon âge, j’ai
l’expérience de l’enseignement depuis 5 ans ! J’ai un doctorat d’état -
je suis polyvalente, je suis capable d’enseigner un grand nombre de
matières de la 6ème jusqu’à l’université, j’aime le métier de
professeur, j’ai été très bien notée, j’ai toujours été battante... (je vous joins
mon CV)

Au delà de ma triste existence, je voulais vous signaler qu’actuellement
sur le site de l’anpe.fr, c’est la foire aux vacataires et le règne de
l’arbitraire : ceci va avoir de terribles conséquences sur l’éducatif et
donc sur la société dans son ensemble.

Bien à vous.