Actualité théâtrale

au Théâtre de la Tempête jusqu’au 12 avril

"Terre sainte" de Mohamed Kacimi Mise en scène de Sophie Akrich

La guerre, quelque part. Une ville est en état de siège. Dans ce contexte terrible où les vies ne tiennent qu’à un fil, une poignée de personnages se retrouvent chez des voisins pour un bref moment de répit. Carmen a disparu. Imen affronte les perquisitions opérées par Ian le soldat intraitable. Alia, la sage femme soigne son chat pendant que Yad, son mari noie ses tourments dans les vapeurs de l’arak. Jusqu’au jour où Amin, leur fils commet un acte irréparable…

Mohamed Kacimi dit qu’il a été frappé un jour par une réflexion de Primo Levi sur les camps de concentration qui consistait à dire que l’horreur des camps n’était pas dans les conditions, générales, les barbelés, la violence mais dans la disparition des petites cuillers.
C’est ainsi que "Terre sainte" qui parle de la guerre ne donne jamais de l‘événement une vision panoramique. La pièce de Kacimi s’attache à l’intime des personnages, aux pensées minuscules qui leur occupent l’esprit pendant qu’elles les éloignent du reste.
Le monde se détruit sous leurs yeux. Aujourd’hui des hommes, des femmes, des enfants sont morts. Demain, ce sera peut-être leur tour de se trouver prisonniers sous des décombres. Alors, chaque acte du quotidien devient résistance, boire, manger, parler…

Mohamed Kacimi est né en 1955 en Algérie. Etudiant en littérature française à Paris, il aborde la poésie avec Bernard Noël et l’écriture théâtrale avec Ariane Mnouchkine. Son premier roman, "Le mouchoir" sort en 1987, et depuis 1998 il se consacre essentiellement à l’écriture théâtrale dont il est devenu l’un des grands auteurs contemporains. Nombre de ses textes pour le théâtre ont été montés en France et sur des scènes parisiennes. Avec "Présences de Kateb Yacine", il a conçu un parcours littéraire et biographique d’hommage au grand auteur/poète rebelle disparu que Marcel Bozonnet a mie en scène en 2003 à la Comédie Française.
Les drames qui habitent la réalité d’aujourd’hui, la relation des hommes au pouvoir, le poids des croyances et religions, les violences qu’elles génèrent… sont souvent approchés et questionnés avec un subtil mélange d’humour et de gravité, beaucoup d’humanité, comme dans "La confession d’Abraham", texte que nous avons salué en son temps, ou dans "Le Jour où Nina Simone a cessé de chanter", co-écrit en 2006 avec Darina Al-Joundi (voir notre article spécifique sur sa création scénique en 2008).
Philippe Laville, Francis Dubois.

Théâtre de la Tempête – Cartoucherie de Vincennes
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits mais sur réservation impérative) : 01 43 28 36 36 – theatre@latempete.fr
www.la-tempete.fr

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