Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Alejandro Fernandes Almendras (Chili-USA-France)

"Tout va bien" Sortie en salles le 21 septembre 2016.

Vicente, vingt ans ou à peine plus, vit dans une totale insouciance. Il profite de l’été, des fêtes et de ses amis mais il suffira d’une nuit alcoolisée pour que, subitement, les choses changent.

Vicente va être confronté à la force du pouvoir et de la manipulation.

Cinéma : Tout va bien

Les premières images du film montrent un jeune homme oisif dans une luxueuse maison du bord de mer. La caméra suit avec fluidité les gestes matinaux du vacancier à qui il suffit de demander pour être servi et pour qui tout semble facile et toujours à portée de main

A la plage, il lie connaissance avec deux jeunes filles qui l’invitent à une soirée où il se rend malgré un autre engagement et à laquelle il est aussitôt intégré puisque les organisateurs appartiennent au même milieu privilégié que lui.

Pourtant, cette jeunesse bien élevée n’est pas sans commettre des forfaits. Comme de voler des feux d’artifice ou de conduire un véhicule en état d’ébriété, farces de potache qui n’auraient pas prêté à conséquences si le hasard n’avait mis sur leur chemin un promeneur nocturne…

On saura plus tard que les jeunes protagonistes appartiennent à la grande bourgeoise chilienne, un milieu privilégié qui considère que vivre dans l’opulence et dans la sécurité qu’il offre est ce qu’il y de plus normal.

Un milieu décalé de la réalité où aucun, en dépit des apparences n’est conscient ni de l’autre, ni de la place dont il bénéficie dans la société.

Les jeunes gens font usage des avantages que leur procurent leurs privilèges et ils comptent bien ne voir jamais se mettre en travers de leur route quoique ce soit qui pourrait les sortir de cette douce inconscience.

L’accident nocturne qui s’est finalement soldé par la mort d’ un homme va gripper l’apparente harmonie du groupe et Vicente sera mis en cause par ses amis. On dira qu’il était au volant et ivre alors qu’il se trouvait à l’arrière du véhicule.

C’est alors que se déclenche tout un mécanisme qui consiste à fausser la réalité des faits et à détourner le cours de la justice.

Le film d’Alejandro Fernandes Almendras sous l’apparence d’un récit lisse, presqu’anecdotique s’avère être une œuvre politique quand elle dénonce les agissements d’une classe sociale privilégiée bénéficiant d’une marge d’agissements sans risques qui serait le fait d’une sorte d’immunité naturelle simplement liée à leur appartenance sociale, une sorte de zone de non-droits.

Le récit bénéficie d’une construction et d’une mise en scène fluides. L’interprétation est parfaite.

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Macadam Popcorn »
    Le dessinateur Mathieu Sapin, auteur de la savoureuse BD « Gérard, cinq ans dans les pattes de Depardieu » parue chez Dargaud, et son compagnon de route, Gary Candan, prennent la route et... Lire la suite (19 juin)
  • « Des plans sur la comète »
    Michel et Franck, deux frères quadragénaires qui se sont improvisés restaurateurs de vieilles habitations, arrivent dans une ville de banlieue pour un nouveau chantier. Duo de bras cassés, ils ne... Lire la suite (17 juin)
  • « K.O »
    Antoine Leconte est un trentenaire charismatique, un homme de pouvoir arrogant et dominateur. Il montre le même mépris pour les personnes qu’il côtoie tant dans son milieu professionnel que dans sa... Lire la suite (16 juin)
  • « Songs for Madagascar »
    Le groupe Madagascar All Stars composé des six plus grands noms de la musique malgache est rodé aux scènes internationales, mais fortement attaché à la culture du pays. C’est par cet attachement à... Lire la suite (16 juin)
  • « Retour à Montauk »
    L’écrivain Max Zorn revient à New-York pour la promotion de son nouveau roman. Avec sa jeune femme Clara, ils forment un couple amoureux et complice. Clara l’a précédé de quelques semaines à New-York... Lire la suite (12 juin)