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Un film réalisé par le Collectif Images-en-transit (France-Chine-Roumanie-Burkina Faso-Mali).

"Travailleuses…" Sortie en salles le 12 novembre 2014.

Des travailleuses du textile françaises, chinoises, roumaines, africaines, couturières, brodeuses, tisseuses, repasseuses, teinturières, parlent de leur travail, filmées par des réalisateurs de leurs pays respectifs.

Qui sont-elles ? Pourquoi font-elles ce métier ?

Par nécessité économique d’abord, mais aussi pour avoir une activité professionnelle qui leur permette une certaine autonomie et leur offre l’occasion d’ une vie sociale.

Cinéma : "travailleuses"

Les superbes travellings qui ouvrent le film parcourent des ateliers vides, déshumanisés où n’apparaît que la froideur des machines.

Puis ce sont des images d’ateliers occupés qui surviennent.

Des premières ouvrières interrogées, on ne voit pas le visage mais leurs mains répétant les mêmes gestes.

Les ouvrières, dans les usines ne sont-elles que des présences penchées sur la machine.

Ne sont-elles que gestes propres à garder la cadence, propres à assurer la rentabilité de l’entreprise.

Lorsque les visages apparaissent, que les travailleuses face-caméra, ont délaissé un instant la machine, elles s’expriment, racontent, se confient.

Certaines sont enjouées, rieuses, d’autres graves ou tristes mais qu’elles soient l’un ou l’autre, leur propos reflètent la force d’une fatalité.

Elles ont interrompu leurs études parce qu’elles appartenaient à une famille nombreuse, parce qu’elles étaient en échec scolaire, parce qu’à l’époque où la décision d’arrêter l’école ou le collège a été prise, c’était ainsi et pas autrement.

Elles auraient voulu être professeur, hôtesse de l’air, secrétaire. Elles en sont loin et leur résignation tient lieu de regret.

" Nous sommes tristes" dit une ouvrière roumaine qui ajoute "Nous n’avons pas de raison d’être autrement"

Jusqu’à treize heures de travail quotidien, un seul jour de repos et pas forcément le dimanche dans certains pays. Pas de pause repas mais " on peut manger devant les machines, boire, on peut aller aux toilettes" et ces "possibilités" prennent dans la bouche des travailleuses, des airs de liberté.

"Mon travail me permet une indépendance même si je n’ai pas le temps d’en profiter" dit une autre en souriant.

" Travailleuses" mesure le prix à payer non pas pour vivre, mais pour survivre, vivre une vie dont on n’a pas le temps de profiter.

Les ouvrières chinoises envisagent la mobilité. Les projets qu’elles dévoilent n’en sont pas vraiment mais il y a dans leurs propos, en filigrane, un certain optimisme.

Les travailleuses européennes ont opté pour la stabilité et beaucoup de résignation.

Les africaines sont plus satisfaites de leur sort.

Ce film, par la diversité des témoignages est le constat frontal d’un monde encore vivant que la généralisation d’une prochaine robotisation va mettre à terre.

Poignant.

Francis Dubois

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