US Magazine 758 du 9 janvier 2016

Trop-plein en langues vivantes et régionales

MALGRÉ UN DISCOURS INSTITUTIONNEL faisant des langues vivantes une priorité, les réformes se succèdent et mettent à mal ces enseignements. Diminution des horaires hebdomadaires, appauvrissement de l’offre et prescriptions pédagogiques contestables engendrent une souffrance professionnelle importante.

Ce que les professeurs de langues vivantes ont vécu avec la réforme Chatel des lycées laisse augurer du pire au sujet de la réforme du collège. Les programmes par cycle ont compliqué le travail des enseignants car, à défaut de repères annuels, ils doivent déterminer seuls les contenus d’enseignement à répartir par niveau. De plus, ces programmes étant communs à toutes les langues, ils ont donné lieu à de nombreuses déclinaisons des mêmes notions et thèmes entre les langues et les professeurs. Une des conséquences est que les élèves ont l’impression de refaire sans cesse les mêmes choses. Les « groupes de compétences » ont vu leurs effectifs grossir d’année en année, et donc le nombre d’élèves à prendre en charge. Enfin, les professeurs de LVER de lycée ont vu leur quantité de travail augmenter de façon considérable sans aucune contrepartie, avec l’introduction d’épreuves en cours d’année menées sans aucun cadrage national, et la multiplication des réunions.

La réforme Chatel des lycées a engendré une souffrance réelle et alarmante, qui n’a jamais été prise en compte, et elle se retrouvera sans doute chez les enseignants de collège avec la réforme en cours.

Le SNES-FSU vous consulte

L’introduction d’une LV2 à 2 h 30 dès la classe de Cinquième, combinée à la suppression des classes bilangues et des sections européennes, conduit à une augmentation du nombre de groupes-classes par enseignant et à une multiplication des séquences à préparer.

Le souhait des corps d’inspection de passer les séances à 45 minutes – au prétexte de la diminution de l’exposition des élèves à la langue (comme si cela avait été le souhait de la profession) – ne viendrait qu’accentuer la dégradation des conditions de travail. Le SNES-FSU consulte actuellement les collègues sur cette question. Rendez-vous sur : https://fr.surveymonkey.com/r/Quest-Langues-vivantes.

Marc Rollin

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