Collège

Un autre avenir pour le collège

Depuis plus de 9 mois, les enseignants du second degré se mobilisent contre la réforme du collège imposée par la ministre de l’Éducation. Par différents biais (manifestations, grèves, pétitions, motions, distributions de tracts, réunions publiques, adresses au président de la République...), ils ont fait part de leur vif souhait d’engager une réforme du collège qui permette l’acquisition par tous d’une culture commune riche et émancipatrice, montré aussi en quoi le projet ministériel ne répondait pas à cet objectif. Pour toute réponse à leurs analyses, propositions, dénonciations des dégâts commis par la réforme sur les métiers, l’organisation des établissements, les conditions de travail et d’étude, ils n’ont eu qu’un silence méprisant de leur ministre de tutelle et des injonctions voire des menaces des hiérarchies intermédiaires, contraintes pour imposer cette réforme du collège de recourir à ces expédients. Il en est ainsi des pressions exercées à l’occasion des formations mises en place pour vanter les mérites de la réforme.

À ce jour, se sont joints aux enseignants de nombreux parents d’élèves, inquiets des différences accrues entre les politiques d’établissements, des associations de spécialistes mais aussi des membres de la société civile ou de la sphère politique, soucieux des fractures et tensions qui contribuent à diviser une société déjà mal en point.

Cette situation ne peut perdurer : un gouvernement qui prétend avoir fait du dialogue social une priorité ne peut ainsi faire fi des demandes d’une profession fortement attachée aux idées de démocratisation et d’amélioration du service public d’éducation, ne peut ainsi considérer les enseignants comme de simples exécutants illégitimes à s’exprimer sur les réalités de leur métier.
L’illustration des problèmes posés par la réforme sur lesquels nous avions alerté est désormais évidente dans cette période de préparation de rentrée ; que ce soit le nombre de disciplines mises à mal, les postes partagés sur plusieurs établissements voire supprimés, l’appauvrissement de l’offre de formation, les différences flagrantes entre collèges dans l’utilisation des dotations, les remontées vont toutes dans le même sens : bricolage et politiques de plus en plus inégalitaires deviennent la règle générale.

Aussi, les personnels, conscients de leurs responsabilités envers tous leurs élèves, ne désarmeront pas. Le gouvernement doit abandonner « collège 2016 », restaurer un dialogue digne de ce nom, ouvrir une véritable discussion sur les mesures pédagogiques, les outils de formation, les possibilités de diversification des conditions d’apprentissages propres à bénéficier à tous. C’est à s’associer à cet objectif que nous convions élus et parents d’élèves.

Frédérique Rolet, Roland Hubert, cosecrétaires généraux

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