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Un film de Jacques Doillon (France)

"Un enfant de toi" Sortie en salles le 26 décembre 2012

Les parents de Lina, sept ans, se sont séparés. Aya vit désormais avec Victor, dentiste de son état et Louis partage sans grande conviction semble-t-il, la vie de Gaëlle.

Un jour, Lina a un doute. Ses parents ont-ils vraiment rompu tout lien amoureux ou bien se revoient-ils secrètement.

C’est lorsqu’elle a confirmation qu’ils continuent à se voir que sa mère lui confie qu’elle voudrait avoir un autre enfant.

Lina ne suffit-elle pas à sa mère ? Un enfant. Mais un enfant de qui ? De Victor ou bien de Louis ?

Lina va mettre tout ce monde au pied du mur de ses responsabilités d’adultes.


Lina va avoir fort à faire car son père et sa mère, parents immatures, bavards comme des pies quand il s’agit de s’interroger sur eux-mêmes, sur le monde clos qui est le leur, sur des divagations existentielles et de loin sur leurs rôles de parents constructifs, ne sont pas toujours bien fiables.

Jacques Doillon n’en finit pas de poser les bases de son film. Il filme inlassablement ses personnages hors du temps, hors de la société, perpétuellement centrés sur une observation nombriliste d’eux-mêmes et de ce qui en découle immédiatement.

Sa démarche narrative donne une première parie du récit un peu longue et répétitive. Certains diront que c’est du pur Doillon et s’en réjouiront. D’autres trouveront cette "mise en bouche" indigeste.

Il faut attendre la deuxième moitié du film avec l’apparition du personnage de Victor, aux interventions jusque-là épisodiques, pour que le film touche à son propos et que le sujet, avec humour et parfois gravité, se révèle.

Mais il aurait fallu pour que le film soit vraiment convaincant que les personnages d’Aya et de Louis soient plus consistants et que le jeu des comédiens qui les interprètent sorte un peu du registre attendu.

Et ce n’est peut-être pas la seule arrivée dans l’histoire de Victor qui met en place le sujet, mais le jeu juste et solide, malicieux, de Malik Zidi dont la présence éclaire la complexité du trio.

Le film trouve alors la pente de son bon déroulement et le nombrilisme du propos, une justification.

A mesure qu’on approche du dénouement, le film trouve son rythme, (re)noue avec son sujet et les dernières scènes, dans une tonalité "entre deux eaux" entre bonheur et nostalgie sont très réussies.

Une autre réserve pourrait porter sur le personnage de l’enfant.

Une des qualités du cinéaste Jacques Doillon est d’avoir toujours su magnifiquement filmer les enfants et d’avoir avec beaucoup de talent, réussi ses castings.

La jeune Olga Milshtein qui joue Lina, beaucoup trop maniérée, avec un côté "chien savant" irritant, a sans doute répondu à la demande de Jacques Doillon pour interpréter son rôle. On a trop souvent, lorsqu’elle apparaît, l’impression qu’elle est une petite fille qui joue devant sa glace. Ce parti pris ne sert pas beaucoup le film.

Toutes réserves faites, "Un enfant de toi" compte parmi les "bons Doillon".

Francis Dubois

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