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Un pilotage surplombant de l’éducation prioritaire

Dernier acte avant le changement de ministère, la DGESCO publie in extremis une circulaire sur le pilotage de l’éducation prioritaire.

Mentionné dans la circulaire de refondation de l’éducation prioritaire de 2014, le pilotage fait aujourd’hui l’objet de précision quant à ses modalités et à ses objectifs. S’appuyant sur un rapport de l’IGEN et ses préconisations, le ministère prévoit trois échelles de pilotage.

Au niveau national, un comité associant les directions du ministère et un comité de suivi regroupant le ministère, les académies et les représentants des collectivités locales sont chargés d’évaluer la politique d’éducation prioritaire et la DGESCO de piloter la mise en œuvres des orientations nationales.

Au niveau académique, le pilotage s’appuie sur le correspondant académique éducation prioritaire, les IA et les IPR. Le dialogue de gestion utilisé pour l’évaluation et l’attribution des moyens des établissements est « un mode de pilotage à privilégier. Les échanges pourront porter particulièrement sur les questions d’ordre pédagogique et de ressources humaines ainsi que sur l’analyse des besoins d’accompagnement et de formation du réseau ».

Au niveau du réseau, les IEN, chefs d’établissement, IA-IPR doivent donner une « forte valeur pédagogique » au projet du réseau. Les coordonnateurs doivent bénéficier d’une décharge minimum de 50 %.

Pour le SNES-FSU, le pilotage de ces établissements reste très vertical et surplombant avec une multiplicité de comités où les personnels enseignants sont peu ou pas représentés. Tant que les personnels seront soumis aux injonctions pédagogiques, cette conception du pilotage ne peut qu’inquiéter, compte-tenu des effets dévastateurs qu’elle a eus sur la cohésion des équipes dans les établissements REP+.

Le pilotage rentre dans les propositions plus larges de l’IGEN qui, sur le volet ressource humaine, revient sur le profilage des postes et un recrutement par le chef d’établissement, des échanges de service premier/second degré, et propose la valorisation des carrières des coordinateurs et « porteurs de projet » lors de l’entretien d’évaluation et donc la mise en place d’une caporalisation. En bref, ce sont les vieilles lunes du programme éclair qui ressortent dans le contexte actuel de changement politique.

Textes de référence :

Circulaire n° 2017-090 du 3-5-2017 sur le pilotage de l’éducation prioritaire :
Rapport de l’IGEN et de l’IGAENR 2016-058 de juillet 2016 sur le pilotage académique de l’éducation prioritaire
Circulaire n° 2014-077 du 4-6-2014 sur la refondation de l’éducation prioritaire

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