24 janvier 2011
Une méthode, qui bien loin de nous surprendre, est à l’image de la politique menée : le passage en force, faisant fi des réflexions et revendications de la profession, supprimant brutalement la réflexion menée dans le cadre du groupe de travail et la plupart des amendements proposés ! Ce projet de texte, bien éloigné de la version issue de la réflexion commune du groupe de travail, est envoyé avec la consigne de faire part de nos remarques pour le lundi 24 janvier soit un délai de 6 jours ! Ce calendrier ne permet pas la consultation de la profession ni l’élaboration de contre-propositions.
http://www.snes.edu/petitions/index.php?petition=20
La création d’un groupe de travail sur les missions des professeurs documentalistes était une des demandes du SNES depuis plusieurs années. La convocation au mois de mai dernier d’un groupe réunissant DGESCO, syndicats et association professionnelle était donc une bonne nouvelle. Trois réunions avaient permis d’améliorer significativement les projets présentés. Le SNES y a toujours affirmé que les discussions ne devaient pas être circonscrites à une nouvelle circulaire de missions mais porter aussi sur les contenus pédagogiques et que la négociation devait s’engager avec la DPE sur les contentieux statutaires. Après l’annulation de la réunion du 29 juin, les réunions se sont interrompues sans aucune explication. Dès le mois de septembre, le SNES a relancé à de multiples occasions la DGESCO mais s’est heurté à un mur de silence. La communication, le 18 janvier par voie électronique d’un nouveau projet avec un délai de retour inacceptable est très inquiétant : la DGESCO veut elle passer en force ?
Le titre, la lecture des textes de référence et l’introduction donnent le ton de cette circulaire : aucune mention de la circulaire de 1997 relative aux personnels enseignants et une référence quasi exclusive au « numérique » et aux « réformes » en cours (socle commun, lycée). Ce que nous avions refusé dès la première réunion du groupe de travail !
A la lecture de ce nouveau projet, il semble qu’enseigner ne soit plus l’essence de notre métier. Notre rôle pédagogique est fortement minoré. L’emploi des verbes : contribuer, favoriser, proposer, apporter aide et conseils, faciliter, animer ainsi que les domaines de nos interventions : socle commun, tutorat, AP...s ont beaucoup trop réducteurs et ne reflètent pas notre investissement quotidien. Notre rôle et notre liberté pédagogique nous échappent. Mais la plus grande surprise de ce texte est probablement le nouveau public qui devra être visé par nos actions de formation : nos collègues des autres disciplines. Il faudrait dorénavant les former aux outils numériques comme aux compétences en info-doc qu’ils vont devoir intégrer dans leurs pratiques. La publication au mois d’octobre 2010 du Parcours à la culture et l’information (PACIFI) a donc préparé le terrain ! Enfin, à l’instar de la réforme du socle commun, les connaissances sont passées sous silence au profit de seules compétences procédurales.
et qui entérine, avec notre présence obligatoire au conseil pédagogique, un nouveau rôle : celui de chef des travaux de l’information et du numérique. Nous avons intégré depuis longtemps dans nos pratiques et nos usages, les nouvelles technologies, mais nous ne sommes pas pour autant des experts, surtout en ces temps de pénurie de stages dans le cadre de la formation continue et de la casse de formation initiale.
La politique documentaire telle que déclinée dans ce texte, la formation de nos collègues, la responsabilité de l’ENT, la veille informationnelle que nous devons assurer pour l’ensemble de la communauté éducative, l’organisation des sorties scolaires, nous placent aux côtés du chef d’établissement et nous éloignent un peu plus des élèves qui sont pourtant au cœur de notre métier ! Allons nous nous transformer en promoteur des réformes et du numérique dans les établissement ?
à la lutte contre l’illettrisme, à la problématique de la lecture sur écran et à l’élaboration d’une offre diversifiée de livres et de périodiques mais quid de la lecture plaisir, de le promotion de la littérature jeunesse et des nombreuses activités menées autour du livre ?
Ce projet de texte, par la multiplicité et la nature des tâches dénature notre métier et minore notre rôle auprès des élèves, ce qui compromet sérieusement l’avenir de notre statut d’enseignant ! Une telle circulaire met en péril le métier et les pratiques qui se développées depuis plus de 20ans et ne répond en rien aux revendications de la profession :
reconnaissance de notre rôle d’enseignant à part entière ;
élaboration d’instructions pédagogiques officielles ;
règlement des contentieux statutaires (rémunération, agrégation,...) ;
recrutement digne de ce nom pour que tous les élèves puissent bénéficier d’une réelle formation à l’information-documentation, condition préalable à leur construction de citoyen éclairé... !
Jean-Pierre Hennuyer, Vassilia Margaria, Virginie Pays et Claire Richet Groupe Documentation du SNES
Mardi 25 janvier : un courrier SNES a été envoyé à Mr Blanquer (DGESCO) pour lui faire part de nos désaccords tant sur la méthode que sur ce nouveau projet.
En pièce jointe .
Courrier DGESCO 25 janvier 2011