Physique-Chimie

Une épreuve de Physique au DNB très différente du sujet zéro. La session 2017 de Pondichéry nous donne de premiers sujets.

Les 2 et 3 mai 2017, les collégiens du lycée français de Pondichéry ont été les premiers à passer une épreuve se Sciences et Technologie au DNB. Ce sujet peut-il nous donner un avant-goût de l’épreuve sur laquelle plancheront les élèves de métropole à la fin du mois de juin prochain ? Auparavant, le 29 mai le ministère communiquera sur les deux disciplines tirées au sort sur les trois possibles. A Pondichéry, il s’agissait d’une épreuve de Sciences-Physiques/SVT.

Des outils pour la préparation des élèves au DNB :

L’an dernier, le ministère a présenté un sujet Zéro dont l’intérêt était médiocre et sans indication de barème. Le SNES-FSU en avait fait l’analyse.

Depuis, le ministère a réduit le champ des sujets qui pouvaient être traités en 2017, du fait de la difficulté d’appliquer la réforme et le programme du cycle 4 à des élèves qui ne l’avaient pas pratiqué les deux années précédentes.

Le sujet de Pondichéry nous indique d’abord que 2,5 points sur les 25 que rapporte l’exercice de Sciences-Physiques sont consacrés à la présentation de la copie et à l’utilisation de la langue française.

Un thème qui provoque des crispations :

En introduction, le sujet semble se poser comme résolument consacré au développement durable : « La multiplicité et le développement des énergies dites renouvelables constituent une préoccupation actuelle. Le sujet d’étude porte sur les solutions d’approvisionnement énergétique sur un territoire. » Au décours des deux exercices de sciences, on s’aperçoit que leurs conclusions sont orientées tout à l’inverse. L’élève en aura conclu que les éoliennes ne suffiraient pas à alimenter la métropole en électricité dans le sujet de Physique, et que certaines villes comme Reims ne peuvent renoncer à la production nucléaire d’électricité selon le sujet de SVT. Cette simplification abusive d’une situation réellement complexe est très problématique. Sur des forums et listes de diffusion, des collègues s’émeuvent non sans raison de cet inquiétant signal donné au développement durable.

L’exercice de Physique :

Pour commencer, il suffit de repérer des énergies renouvelables et d’en citer les sources à partir d’un dessin légendé.

La deuxième question est inadaptée puisqu’un paragraphe traite d’un alternateur, produisant une tension alternative. Cette notion n’apparaît pas dans le nouveau programme. Cela peut donc sembler difficile à des élèves dont le professeur n’aurait pas évoqué l’existence des alternateurs. L’énoncé s’appuie sur l’ancien programme de 3ème. Les rédacteurs ont sans doute pensé que tous les collègues allaient recycler leurs cours sur la production d’électricité afin de traiter des conversions d’énergie. Il s’agit cependant d’une interprétation possible du programme actuel mais nullement obligatoire et c’est bien en cela que le flou du nouveau programme pose problème.
Outre le mot « alternateur », le mot « pâles » d’une éolienne peut être inconnu d’un élève de 3ème. Il eut peut-être fallu ajouter le dessin de ces objets légendés pour simplifier l’approche du texte. Suite à ce texte, il faut compléter une chaîne énergétique avec le vocabulaire fourni par l’énoncé.

Comme dans le sujet zéro, la relation à connaître et à appliquer est celle de l’énergie cinétique. La difficulté ici est qu’elle s’applique à une masse d’air, ce qui peut étonner les élèves. Cependant, un QCM leur permet de vérifier leur résultat.
Suivent deux calculs dont un de pourcentage qui n’utilisent pas de relation physique. Il s’agit d’évaluer la surface de territoire qui serait couverte par les éoliennes si c’était la seule source d’électricité en France. La dernière question est la suivante : « Expliciter, en apportant au moins 2 arguments, pourquoi l’énergie éolienne ne peut pas être le seul choix pour répondre aux besoins croissants en électricité. »

Hiatus entre sujet zéro et sujet d’examen :

Alors que le sujet zéro ne comprenait que deux calculs dont une addition simple et qu’il suffisait d’extraire des informations d’un document, le sujet de Pondichéry paraît beaucoup plus calculatoire et donc difficile. Ce n’est pas forcément regrettable mais le hiatus entre la facilité du sujet zéro et le niveau requis pour résoudre ce sujet d’examen questionne une fois de plus sur la qualité de l’accompagnement des enseignants pour préparer correctement leurs élèves.

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