13 décembre 2007
Confronté à une importante mobilisation des étudiants et des personnels dans les universités, le gouvernement a répondu à certaines demandes des syndicats étudiants et lycéens, sans remettre en question la loi LRU (1).
La ministre Valérie Pécresse ne remet pas en cause la loi LRU (Liberté et responsabilité des universités) qui cristallise le mécontentement de la communauté universitaire, mais elle annonce des mesures importantes concernant le financement des universités et les aides sociales aux étudiants. Le budget dévolu aux universités passera de 10 à 15 milliards d’euros en 5 ans. 5 milliards supplémentaires pour les investissements seront dégagés par la vente de 3 % du capital d’EDF. Les bourses de 100 000 étudiants parmi les plus défavorisés passeront de 3 661 à 3 921 € dès janvier 2008 (+ 7,2 %). La lutte contre l’échec en licence bénéficiera de fonds spécifiques pour améliorer notamment le taux d’encadrement, sans qu’il y ait à ce jour une annonce plus précise. Une mission nationale se penchera sur les diplômes afin de renforcer leur caractère national, mis à mal par la mise en place du LMD. Pour l’UNEF, il s’agit d’avancées importantes, pour la Confédération étudiante aussi mais c’est insuffisant. Les deux syndicats estiment que c’est aux étudiants de décider de la poursuite du mouvement.
DES ÉCLAIRCISSEMENTS CONCERNANT L’ORIENTATION ACTIVE
Valérie Pécresse et Xavier Darcos ont également reçu les lycéens pour leur rappeler que les frais d’inscription à l’Université, fixés par l’État, n’augmenteront pas et surtout que l’orientation active n’entraînera pas de sélection à l’entrée de l’Université. Celle-ci est « une démarche de conseil et d’accompagnement, l’élève est et restera totalement libre de son choix d’inscription », précisent les ministres. Cette disposition sera formalisée par une circulaire, rappelée dans les dossiers de préinscription remis aux élèves de Terminale, à la satisfaction de l’UNL et de la FIDL. Les ministres ont évoqué une inscription dans le code de l’éducation, ce qui supposerait un texte réglementaire (décret ou arrêté) et non plus une circulaire.
Ces annonces tentent de désamorcer la crise mais ne répondent évidemment pas au mouvement de fond de contestation de la loi LRU. Le SNESup souligne notamment l’absence de création de postes d’enseignants-chercheurs en 2008. L’intersyndicale du supérieur (2), réclame une autre réforme du service public d’enseignement supérieur et recherche qui passe par une programmation budgétaire avec consultation des personnels. La logique libérale de la loi LRU, qui permettra de recourir davantage à des financements privés, menace certains secteurs de formation ou de recherche qui risquent d’être jugés non rentables à court terme. Plus grave, le président Sarkozy ne cachait pas, au mois de juillet, qu’il privilégiait dans sa réflexion le développement de quelques universités, « susceptibles de devenir des campus de réputation mondiale ». L’intersyndicale et la coordination nationale étudiante ont décidé de continuer leurs actions de grèves et de manifestations pour « défendre une conception de la production et de la transmission du savoir qui ne peut être réduite à la vision étroite et utilitariste imposée par le gouvernement » (3).
Jean-Hervé Cohen
postbac@snes.edu
(1) http://www.snes.edu/clet/spip.php?article1959
(2) SNESUP-FSU, SNCS-FSU, SNASUB-FSU, SNEP-FSU,
SNETAP-FSU, SNTRS-CGT Sup’Recherche-UNSA, SNPTESUNSA,
SUD-Éducation, SUD-Recherche-EPST, SLR (sauvons
la recherche), SLU (sauvons l’Université).
(3) Pétition en ligne http://www.sauvonslarecherche.fr