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Sécurité renforcée dans les établissements

Vigilant ou vigile

En cette fin d’été dans le contexte de tension post attentats, la conférence de presse commune entre les ministères de l’intérieur et de l’éducation a scellé une nouvelle pression sécuritaire. Les préconisations de sécurité ont été renforcées notamment en Ile de France et en Provence Alpes Côte d’Azur. Cependant, leur faisabilité se heurtent souvent aux moyens et aux conditions d’accueil. Surtout, l’objectif éducatif ne doit pas être perdu de vue.

Le Lycée Suger de Saint Denis a été en grève plusieurs jours pour protester contre l’agression violente d’un assistant d’éducation. Ils ont demandé des moyens en AED supplémentaires. Ce lycée de Saint Denis, ZEP il y a encore peu, n’a pas été classé REP +, comme tous les autres lycées dans ce cas. Enclavé dans une cité, il accueille 1300 élèves. Seul devant le lycée, ce nouvel AED n’avait même pas encore signé son contrat, quand il a dû faire face à une intrusion. Agressé physiquement, cette première expérience s’est bien mal terminée.

Cet événement grave illustre bien des contradictions. Il montre en quoi les préconisations de sécurité se heurtent à la réalité des moyens disponibles et en quoi elles doivent être adaptées à chaque contexte. Une des propositions du principal syndicat de chefs d’établissement de « placer des personnels dédié à la sécurité » est une fausse bonne réponse. Les établissements ne peuvent être comparés à des grandes surfaces. Ce ne sont pas des lieux publics comme les autres, la vigilance doit s’y exercer dans une optique éducative. Former des citoyens impliquent de les responsabiliser. Le contrôle systématique des sacs à l’entrée, la mise en place de portique n’est pas de nature à y contribuer. La présence de vigiles comme à l’entrée des stades affaiblirait encore chez les élèves le sentiment d’appartenance à cette communauté scolaire tant vantée.

Pour le SNES-FSU, la vigilance éducative doit être partagée, la sécurité renforcée et adaptée mais toujours mise en œuvre dans une perspective éducative. Le rétablissement de zone fumeur dans les espaces extérieurs des lycées serait une réponse adaptée. Le développement d’un esprit de solidarité et de prévention, le renforcement de la formation et des moyens en personnels éducatif et d’accueil, l’amélioration des aménagements des abords et des espaces scolaires aussi. Les dérives sécuritaires ne sont en aucun cas de bonnes réponses.

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