La réforme Chatel des séries technologiques

Voie technologique : démocratisation en danger (le point en ocrobre 2005).

Aujourd’hui les séries technologiques
sont à la croisée des chemins.

En Sciences et technologies de gestion (STG),
la mise en application de la réforme n’a pas
été accompagnée de la formation nécessaire des
enseignants.La maquette du baccalauréat,imposée
brutalement mi-juillet sans consultation, entérinait
l’introduction du Contrôle en cours de formation
(CCF) tant dans les langues vivantes que
dans l’évaluation des activités au baccalauréat,
CCF qui avait été refusé par tous, élèves et enseignants
au printemps dernier.
Cette maquette, par l’introduction d’une évaluation
écrite en histoire géographie, risque de mettre en
difficulté les élèves dans cette discipline générale
et transforme les méthodes pédagogiques.
La réforme en STG a été l’occasion pour les recteurs
de fermer des sections et d’en regrouper d’autres.
Ainsi les classes de Première se retrouvent à 36
élèves, obérant toute chance de réussite de la
réforme et des élèves.

En Sciences et technologies industrielles (STI) les
projets de réforme sont bien avancés, les programmes
bientôt en consultation.Le cadrage politique
de ce projet n’a jamais été communiqué ;les
évolutions de structures (passage de 12 à 5 bacs)
n’ont été discutées nulle part et jamais évaluées en
terme d’attractivité et de conséquences sur les
flux d’accès en sections de techniciens supérieurs.

En Sciences médico-sociales (SMS) les évolutions
qui sont proposées n’auront de sens que si le
projet de BTS-SMS aboutit avec une implantation
importante dans les lycées publics.

En Sciences et technologies de laboratoire (STL)les rénovations de programmes semblent s’appuyer ur les structures existantes mais, dans le
même temps, un regroupement de deux bacs est
envisagé dans la plus complète opacité.

Enfin, l’introduction du Contrôle en cours de formation
(CCF)
dans les Brevets de techniciens
supérieurs (BTS),
souvent imposé sans aucune
raison pédagogique, offre l’occasion de réduire
les moyens attribués à l’évaluation. Pourtant la
voie technologique a indéniablement contribué au
développement de la démocratisation du système
éducatif et de formation professionnelle.

Les séries technologiques ont permis l’accès
aux qualifications de jeunes qui sinon en
auraient été écartés
. La construction de parcours
de formations spécifiques a permis la réussite de
ces jeunes.
Les enseignants de la voie technologique y ont pris
une place centrale.Dans les lycées techniques, ils
ont mis en place les baccalauréats technologiques,
ont inventé les Brevets de techniciens supérieurs
(BTS) d’abord en une année puis en deux.
En introduisant des formations complémentaires
d’initiative locale post-BTS, ils ont posé la première
pierre des anciens diplômes nationaux de technologies
spécialisées et de l’actuelle licence professionnelle.

La mise en place de ces parcours s’est accompagnée
de pédagogies spécifiques, projets, activités,
périodes de formation et stages en entreprises,
validation des compétences professionnelles.
Les enseignants ont toujours contrôlé et sont restés
maîtres de la place et du rôle de l’entreprise
dans les formations, mais ils ont ainsi réussi à faire
reconnaître les qualifications professionnelles liées
à ces formations. Reconnaissance qui est centrale
pour les jeunes et leur avenir.
Ne se bornant pas aux formations initiales, les
enseignants ont contribué au développement,
encore trop limité, de la formation continue dans
les GRETA
, ainsi qu’à la mise en oeuvre de la validation
des acquis.

Riche d’une longue histoire, riche de l’expérience
et du travail de ses enseignants, la voie technologique
est, une fois de plus, attaquée. Ce sont les
enseignants, avec l’appui du SNES, qui sauront
non seulement défendre la voie technologique,
mais encore la développer pour la réussite des
jeunes et de leur insertion professionnelle et
sociale.

Thierry Reygades
thierry.reygades@snes.edu

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