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compte rendu de l’entrevue avec l’IG le 3 juin 2010

Entrevue portant essentiellement sur les projets de programme de 1ères et quelques pistes sur la Terminale et l’examen.

Le groupe histoire-géographie était pour cette entrevue portant en particulier sur les programmes de 1ères accompagné de Roland Hubert, co-secrétaire général du SNES.
Nous avons été reçus par Laurent Wirth, doyen de l’Inspection Générale histoire-géographie et Michel Hagnerelle, ancien doyen, tous deux présidant les groupes d’experts chargés de l’élaboration des nouveaux programmes d’histoire et de géographie au lycée.

Nous avons rappelé en premier lieu que notre profession était particulièrement inquiète des transformations actuelles affectant le métier auxquelles il faut ajouter celles qui sont induites par la réforme du lycée. Nous avons également pu signaler le caractère intenable des délais impartis pour la consultation sur ces programmes (d’autant plus que certains recteurs ont avancé les dates de fin de consultation). L’IG a reconnu, suite à nos questions, que, de son côté la consultation avait été inégale selon les académies mais plutôt maigre d’une façon générale et surtout portée par les corps d’inspection. Cela ne l’empêche pas d’affirmer que des tendances générales sont lisibles dans ces remontées.

Les programmes de 1ère :
La 1ère de ces remontées n’est pas forcément la même que celle que nous avons pu avoir du côté des réactions des collègues du SNES, mais elle fait partie de celles que nous avons retrouvées fréquemment ; à savoir que l’absence d’informations sur l’examen et ce qui se passe après la 1ère nuit à une analyse pertinente des programmes proposés.

De notre côté, nous les avons interpellés sur la lourdeur des programmes, infaisables en l’état, et le resserrage sur un an de deux années, ce que l’Inspection Générale ne reconnaît pas et impute au choix de la problématique de l’année (« questions pour comprendre le XX° siècle »). Dès qu’il fut question d’opérer d’éventuels allègements, il nous a été demandé de trancher ou de proposer, ce qui n’est pas a priori notre rôle ! C’est leur conception même qu’il faudrait repenser, leur logique d’écriture étant restée celui d’un programme de fin de terminale avec un examen de fin de terminale !

La question de la lourdeur ne fut pas la seule critique que nous avons pu exposer. L’étalement chronologique conduisant à une sentiment de saupoudrage et de zapping, l’affirmation des compétences aux dépens des connaissances, l’absence de cohérence interne de certains thèmes, l’absence de problématiques claires ou certains choix opérés ont été les critiques récurrentes que nous avons relayées.
Pour l’Inpection Générale, il s’agit d’une erreur « d’appréciation » quant à la façon d’aborder les thèmes, qui bien problématisés doivent permettre d’éviter les écueils évoqués. Ces problématiques ciblées devraient être précisées dans la publication des futures ressources pour faire la classe, présentées aussi bien comme palliatif à l’absence de manuels, document d’éclaircissement des problématiques, aide à la mise en oeuvre et ou guide pour éviter des écueils grossiers de lecture. Ces « ressources pour faire la classe » devraient être disponibles en juillet sur éduscol.

En géographie, nous avons pointé les redondances avec le programme du collège, le problème des épreuves à venir (en particulier pour l’utilisation du thème 1 sur l’espace local dans une épreuve nationale) et du devenir du croquis, l’absence d’une dimension scalaire qui n’est jamais étudiée en tant que telle, celle de la planète, et évidemment la surenchère sur les études de cas.Nous avons eu des réponses sur certains points et des modifications seront éventuellement envisageables. Les études de cas en géo devraient être allégées, le thème 1 peut entrer à l’examen, si on demande aux élèves à partir d’un exemple étudié en cours et de dégager les informations générales ( les acteurs par ex). Quant à la question de la mondialisation qui disparaitrait des programmes de lycée, il nous a été rappelé que l’option hist géo, proposée aux élèves de terminale S, devrait permettre d’aborder largement cette échelle avec les élèves.
En histoire, L. Wirth a finalement et tardivement laissé entendre qu’il pourrait y avoir des allègements dans les sous thèmes.

Programme de terminale et examen :
Ceux ci sont en cours d’élaboration par le groupe d’experts.
Le programme de géographie de terminale L et ES a été assez précisément décrit dans l’état actuel de son élaboration. Il s’agira de traiter du thème « mondialisation territoires et acteurs » en sortant du modèle centre/périphérie.
Première partie : les acteurs (etats, gouvernance internationale, STN , villes mondiales)
territoires : ensembles continentaux Amérique, Afrique, Asie.
En histoire, il reste bien des domaines qui n’ont pas été abordés et qui le seraient : le fait religieux, l’histoire culturelle et artistique.

Pour l’option des TS le programme serait axé sur des études en géopolitique, géostartégie, et l’étude de grandes questions politiques.

A propos de l’examen, une maquette pour une épreuve de 4 heures est commandée. L’IG tient à ce qu’il y a ait plus de deux exercices (sous peine que la durée de l’épreuve ne se retrouve amputée d’une heure) mais pense que 4 exercices cela peut être trop. Il serait alors envisageable de proposer 4 exercices dont 3 à traiter mais cela va à l’encontre de leur autre objectif qui est d’assurer la parité des deux disciplines à l’examen.
Un des objectifs est de réduire la « taille » papier de l’épreuve qui actuellement comporte, d’après l’IG, un nombre beaucoup trop grand de pages et dont la lecture, de l’ensemble des sujets, est fastidieuse pour les élèves...
Sont étudiées comme piste d’épreuves la construction d’une réponse développée et argumentée à une question moins longue dans ses développements que l’actuelle composition, puisqu’on a affaire à des élèves de fin de première.
L’autre épreuve porterait sur l’analyse critique d’un nombre limité de documents, avec un questionnement suffisamment ouvert permettant de sortir du simple prélèvement d’informations. Il y aurait un schéma à faire en géographie qui se substituerait au croquis. Le projet doit être déposé en février.
Nous avons insisté sur l’enjeu fondamental de la nature des épreuves à venir, car il est évident que celles ci pilotent ensuite les pratiques pédagogiques et donc l’enseignement dispensé. Si les épreuves ne constituent qu’une simple restitution de connaissances, sans souci d’analyses critiques de documents, de confrontation d’informations par exemple, nous nous retrouverons à proclamer des finalités disciplinaires exigeantes en terme intellectuel qui n’ont plus rien à voir avec la réalité pratique de l’enseignement dispensé dans la discipline, d’autant plus que les programmes seront lourds au niveau factuel.

La question des manuels scolaires a été aussi abordée, la position du SNES exposée (grande inquiétude quant aux conditions d’élaboration des nouveaux manuels, leur non disponibilité à la rentrée prochaine, la question des budgets des régions, etc). L’IG a répondu à nos remarques par l’attachement de la discipline à l’usage d’un manuel, un « contact serré » avec les éditeurs qui devrait permettre d’avoir des ouvrages de qualité, les mises en ligne, durant l’été, d’extraits puis de manuels numériques...

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